Contenu actualisé le 29.02.2016

Artisanat : légère hausse de l’activité fin 2014, avec cependant des signes d’essoufflement

conjoncture

La Chambre des Métiers réalise quatre fois par an une enquête de conjoncture auprès de ses ressortissants. Le présent communiqué reprend les résultats de la dernière enquête menée au 4e trimestre 2014.

Sont également passés en revue les facteurs tant positifs que négatifs, susceptibles d’influencer l’activité de l’Artisanat en 2015.

Les résultats de la dernière enquête de conjoncture confirment une hausse de l’activité de l’Artisanat depuis le 3e trimestre 2013, mais le rythme de la progression s’atténue.

Il ressort du tableau reproduit ci-dessus que l’indicateur d’activité de l’Artisanat accuse une dégradation notable sur l’ensemble de l’année 2012 et que cette tendance négative se poursuit sur les trois premiers trimestres de 2013. Cependant, entre fin 2013 et le dernier trimestre 2014, l’indicateur d’activité de l’Artisanat connaît de nouveau un redressement, bien que les hausses perdent en intensité au fil du temps.

Selon les prévisions de la Chambre des Métiers, cette tendance haussière de l’indicateur d’activité dans le secteur de l’Artisanat devrait se prolonger au 1er trimestre 2015.

Alimentation : positivement orientée

Après un léger fléchissement au 1er trimestre 2014, l’indicateur d’activité de l’alimentation connaît à nouveau une reprise timide mais continue qui s’étend jusqu’au 4e trimestre 2014. L’activité sur les 3 derniers mois est traditionnellement influencée par les fêtes de fin d’année.

Les prévisions de la Chambre des Métiers pour le 1er trimestre 2015 tablent sur une augmentation vigoureuse de l’activité.

En 2015, la situation de l’alimentation devrait notamment être influencée par deux évolutions en sens opposé: l’affectation du pouvoir d’achat des ménages par les mesures de consolidation des finances publiques d’un côté, la tendance à la hausse de la population résidente et du nombre de travailleurs frontaliers, qui augmente donc le nombre de clients potentiels, d’un autre côté.

Mode, santé et hygiène : plutôt stagnante

Le groupe mode, santé et hygiène est le plus hétérogène de l’Artisanat avec des activités très différentes allant de l’esthéticien à l’opticien en passant par le nettoyeur à sec-blanchisseur.

De ce fait, les entreprises appartenant à ce groupe desservent une clientèle très variée et dépendent donc de l’évolution de paramètres économiques forts différents. Selon les résultats de la dernière enquête de conjoncture, l’indicateur d’activité du groupe de métiers dans son ensemble présente une très légère amélioration, alors qu’il stagnait pratiquement depuis plus d’une année.

Par ailleurs, selon les prévisions de la Chambre des Métiers, l’activité du groupe mode, santé et hygiène devrait afficher un léger fléchissement au 1er trimestre 2015.

Les activités des soins à la personne (coiffeur, esthéticien, …), les plus importantes en termes d’emploi, devraient comme l’alimentation subir des tendances en sens opposé. D’une part, l’impact défavorable des mesures de consolidation des finances publiques sur le pouvoir d’achat des clients, notamment la hausse des taux de TVA, pourrait mener à un espacement plus important des visites, voire à la renonciation à certains services. A rappeler également que si le relèvement des taux de TVA n’est pas (entièrement) imputé sur les prix, les marges bénéficiaires se rétrécissent en conséquence. D’autre part, l’augmentation de la population, et donc du nombre de clients potentiels, devrait quelque peu contrebalancer ces possibles effets négatifs.

Mécanique – secteur automobile : un niveau d’activité en-dessous des attentes

Après une détérioration notable de l’indicateur d’activité entre le 2e trimestre 2011 et le 1er trimestre 2013, la situation s’est quelque peu détendue depuis. Sur le 2e et 4e trimestre 2014, il accuse cependant une baisse. Contrairement aux attentes, le relèvement annoncé du taux de TVA de 2% au 1er janvier 2015, n’a pas engendré une augmentation spectaculaire des ventes de voitures particulières en 2014.

D’après les prévisions de décembre de la Chambre des Métiers, l’activité devrait s’améliorer au 1er trimestre 2015. Toutefois, les acteurs de la branche ont récemment déclaré que les résultats du dernier festival automobile étaient plutôt mitigés.

Pour le reste, des facteurs tant favorables que défavorables devraient impacter les ventes. Parmi les premiers il faut compter le solde démographique positif du Luxembourg qui devrait soutenir l’activité de la branche, alors que pour les seconds, on peut penser à l’impact des mesures de consolidation des finances publiques sur le comportement des ménages.

Le secteur automobile dessert plusieurs segments de clients.

Ainsi, la demande de véhicules utilitaires est liée à la situation économique de secteurs tels que la construction ou le transport de personnes et de marchandises.

Les voitures particulières sont vendues à une clientèle plus diversifiée, à savoir aux clients professionnels – voitures de services p. ex. – et aux ménages. Si la demande des premiers dépend surtout de la situation conjoncturelle, elle est également influencée par d’autres facteurs, notamment la fiscalité. Pour la branche il est partant important de préserver le statu quo en matière de traitement fiscal des voitures de services qui représentent 21% du parc de véhicules national et près de 50% des ventes annuelles de voitures neuves.

Construction : tendance à la hausse, mais perdant de sa dynamique

Sur l’ensemble de l’année 2014, la production de la construction dans son ensemble a, selon le STATEC, augmenté de 3,3% avec cependant des différences importantes selon les deux sous-catégories. Si l’activité de la « construction de bâtiments et génie civil » enregistre une hausse de 6,4%, avant tout imputable à des conditions météorologiques clémentes pendant les premiers mois de l’année précédente, celle des « travaux de construction spécialisés (parachèvement et installations techniques) » ne progresse que de 0,9%.

Selon l’enquête de conjoncture menée par la Chambre des Métiers en décembre 2014, la tendance ascendante de l’indicateur d’activité depuis le 3e trimestre 2013 se prolonge jusqu’au 4e trimestre 2014, même si les hausses perdent en vigueur.

D’après les prévisions, l’activité devrait stagner au 1er trimestre 2015. Il faut toutefois avouer que les prévisions quant à l’activité sur les trois premiers mois de l’année sont particulièrement difficiles, alors qu’elles dépendent en grande partie des conditions météorologiques.

En ce qui concerne les perspectives au niveau de l’activité, le volume bâti autorisé dans son ensemble est, selon le STATEC, stable sur les 9 premiers mois de l’année 2014 par rapport à la même période de l’année précédente. Cependant, le volume bâti autorisé du domaine résidentiel augmente de 7%, même s’il faut concéder que l’année de référence se caractérisait par un niveau d’activité médiocre. Par contre, pour « les bâtiments non-résidentiels et autres » il diminue de 3%.

Il faut relever en outre que les investissements publics à réaliser par l’Etat en 2015 enregistrent une hausse par rapport à l’année précédente, à supposer que l’ensemble des projets prévu serait effectivement réalisé.

Face à une forte demande en matière de logements, stimulée par un solde migra-toire positif, et d’immeubles non-résidentiels, qui se traduit notamment à travers un taux de vacance en baisse, l’activité ne devrait en principe pas subir de tendance à la baisse. La demande vigoureuse est toutefois freinée par un certain nombre d’obstacles tels que de longs délais des procédures d’autorisation et une mise sur le marché insuffisante de terrains à bâtir, avec à la clé une importante pression sur les prix du foncier. Dans ce contexte, on peut cependant relever que la Chambre des Métiers s’efforce de trouver avec le Gouvernement des pistes de solution.

Les acteurs du secteur signalent toujours une pression sur les marges bénéficiaires, due à une concurrence intense sur le marché.

Il faudra également évaluer l’impact de la hausse de la TVA sur la demande de logements locatifs, le taux étant passé de 3% à 17% au 1er janvier 2015.

Imprimeries : toujours en position difficile

Après avoir atteint son niveau le plus bas au début 2011, une amélioration progressive de l’indicateur d’activité des imprimeries a pu être observée jusqu’au 2e trimestre 2012. Pendant les trimestres consécutifs l’activité des imprimeurs s’est caractérisée par une quasi-stagnation. Toutefois, sur l’ensemble de l’année 2014 l’indicateur d’activité des imprimeurs enregistre une très légère progression et cette tendance haussière semble se prolonger au 1er trimestre 2015. Ainsi l’indicateur d’activité se situerait pour la première fois depuis le 2e trimestre 2009 au-dessus de la moyenne d’activité de 2004 à 2013.

D’un côté le secteur est confronté à une concurrence étrangère accrue et de l’autre côté il souffre d’une concurrence digitale de plus en plus forte avec la dématérialisation des publications, ainsi que de la concurrence d’Internet face à la presse écrite.

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