Contenu actualisé le 29.02.2016

Etude : l'Artisanat sans frontières - L’Artisanat luxembourgeois dans le monde

Europe

L’augmentation de la pression de la concurrence, la baisse de la demande ou la stagnation au niveau du marché national. Multiples sont les raisons pour jeter un coup d’œil au-delà des frontières et identifier un marché potentiel à l’étranger pour ensuite conquérir des parts du marché international.

Die deutsche Fassung des Artikels erscheint im nächsten d'Handwierk (3/2016).

Pour rester compétitifs, les petites et moyennes entreprises (PME) ne devraient pas exclure les activités transfrontalières. Un élargissement de l’activité ou de l’offre sur d’autres marchés mène à une réduction de la dépendance du marché régional ou national. Le marché international peut servir d’appui et de soutien au marché local pour permettre de diminuer le risque en compensant d’éventuelles fluctuations sur le marché local. Il ne faut pas impérativement exporter en outre-mer, mais il est possible de débuter avec la Grande Région. Une étude de la Chambre des Métiers (CdM) montre que l’Artisanat luxembourgeois fait exactement ceci de manière progressive.

Pour obtenir une vue d’ensemble, la CdM a élargi le questionnaire de l’enquête de conjoncture du troisième trimestre 2015 pour y rajouter des questions concernant les activités transfrontalières. Les résultats reflètent non seulement la signification croissante de la Grande Région mais également les marchés excentrés du Luxembourg.


L’Artisanat luxembourgeois a une activité croissante à l’étranger

Presque 40 pourcent des entreprises indiquent d’être actives à l’étranger, les trois-quarts de celles-ci exerçant dans le secteur de la construction, en 2014.
Quelque 20 pourcent des entreprises n’étant pas actives à l’étranger en 2014 envisagent des activités transfrontalières dans un futur proche. 26 pourcent n’étaient pas certaines mais pouvaient se l’imaginer dans un futur plus éloigné.
Les raisons pour un élargissement des activités à l’étranger sont, selon plusieurs entreprises, la conservation des propres parts de marché, une localisation proche de la frontière, des contrats existants ainsi que la concurrence croissante au niveau national.


La Grande Région demeure le marché cible numéro 1

Les marchés cibles sont principalement les pays environnant la Grande Région. Le pays le plus attractif pour l’Artisanat luxembourgeois semble être notre voisin la Belgique. 34 pourcent des entreprises actives à l’étranger ont des commandes en Belgique, 33 pourcent sont également actives sur le marché français et l’Allemagne attire 27 pourcent.
 

Pays démarchés en 2014  

 

 

 

 

 

 

 


6 pourcent ont également des commandes au-delà de la Grande Région et de l’Europe. Selon les réponses, l’Artisanat « Made in Luxembourg » est également présent aux États-Unis, au Moyen Orient, en Asie, en Australie et en Afrique.

Les artisans n‘étant pas encore actifs à l’étranger, mais qui l’envisagent, indiquent souvent l’Allemagne, la Belgique et la France comme potentiels marchés cibles. Non seulement la proximité semble jouer un rôle très significatif, mais également la connaissance du marché ainsi que les pratiques commerciales.


L’internationalisation comme stratégie longue durée

32 pourcent des artisans perçoivent l’activité transfrontalière comme une partie de la stratégie d’expansion à longue durée de leur entreprise. 38 pourcent sont ponctuellement actifs à l’étranger. Presque un artisan sur cinq reconnaît le marché international comme une compensation du marché local.

Raison des activités transfrontalières  

 

 

 

 

 

 

 

 


Une évolution positive de l’activité transfrontalière

54 pourcent des artisans actifs à l’étranger rapportent une continuité dans le développement permanent des affaires transfrontalières depuis 2010. Pour 28 pourcent des entreprises, les affaires transfrontalières sont même en progression. Une enquête similaire de 2012 a montré qu’uniquement 21 pourcent des entreprises annonçaient un accroissement des affaires à l’étranger. De ce fait, un accroissement du potentiel des commandes peut être retenu.


Evolution des affaires depuis 2010  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci est également confirmé par le chiffre d’affaires à l’étranger. Par rapport à 2012 la part du chiffre d’affaires réalisé à l’étranger est en légère hausse.
 

Evolution des affaires depuis 2010  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11 pourcent des entreprises ayant participé à l’étude ont une succursale sur les marchés étrangers. 4 pourcent planifient à l’avenir l’ouverture d’une succursale en dehors du Luxembourg.
 

Succursale à l'étranger  

 


 

 

 

 

 

 

 

La taille d’entreprise comme facteur influant

L’activité à l’étranger est, d’après l’étude, liée à la taille de l’entreprise. Ainsi les entreprises avec un nombre de salariés plus important sont plus susceptibles d’être actives à l’étranger.
 

Impact de la taille de l'entreprise sur les activités transfrontalières  

 


 

 

 

 

 

 

 

 


La bureaucratie pose un problème aux entreprises

Les entreprises actives à l’étranger voient plusieurs obstacles les gênants dans l’exercice de leur métier. La raison la plus citée est, comme anticipé, la haute bureaucratisation des démarches. Plus de la moitié des entreprises ont affirmé que le remplissage de formalités est le plus grand obstacle aux activités transfrontalières. Les entreprises sont confrontées à différentes conventions et  règlementations des pays cibles.

Puisque ces derniers sont principalement situés dans la Grande Région ou dans l’Europe proche, ceci démontre que le marché à l’intérieur de l’Union Européenne est encore loin d’être harmonisé et convivial aux artisans. Il reste un énorme potentiel d’amélioration.

15 pourcent des entreprises indiquent des capacités insuffisantes ou un manque de personnel spécialisé comme raison de ne pas être actives au-delà des frontières. Le manque de connaissances du marché a une importance similaire (14%). 12 pourcent perçoivent également le financement comme un obstacle. En raison de la diversité linguistique dans les entreprises artisanales au Luxembourg, il n’est pas étonnant qu’uniquement 4 pourcent perçoivent les langues comme une barrière.

Dans la rubrique dite « autre », ont été répertoriées des raisons telles que la SOKA BAU en Allemagne, l’assurance de la garantie décennale en France, les impôts sur le revenu dans le cas de travailleurs frontaliers, la morale de paiement et les difficultés de recouvrement de créances transfrontalières, ainsi que le maintien d’une demande constante.


Le marché luxembourgeois n’est pas encore saturé

Il était également intéressant de constater pour quelles raisons les entreprises artisanales décident de ne pas devenir actives au niveau international. 23 pourcent ont affirmé que l’état actuel des commandes au Luxembourg est satisfaisant et que de ce faite, il n’y a pas de nécessité d’élargir les activités au-delà des frontières. Les raisons de la crainte des formalités ainsi que la petite taille d’entreprise ont respectivement obtenu 13 pourcent.
 

Raisons contre une activité transfrontalière  

 


 

 

 

 

 

 

 

 


La Chambre des Métiers comme partenaire

La Chambre des Métiers propose une aide concrète sur les questions relatives à la prospection des marchés étrangers par le biais de conseils complets et adaptés ainsi que par des produits répondant aux besoins des PME, mais surtout à l’attention des PME artisanales.


Enterprise Europe Network

En faisant partie d’un réseau international regroupant des spécialistes des questions touchant les marchés européens et au-delà, de nombreux contacts et relations exclusives nous permettent d’offrir des prestations de qualité. Le réseau Enterprise Europe Network permet un échange professionnel permanent avec 600 organisations et institutions employant plus de 3.000 collaborateurs à travers 60 pays. Celui-ci a pour but de soutenir activement les PME européennes dans leurs démarches d’internationalisation. Aussi, ce réseau informe les entreprises régulièrement du développement du marché intérieur et des nouvelles réglementations européennes à mettre en place. L’Enterprise Europe Network – Luxembourg est un partenariat entre la Chambre des Métiers, la Chambre de Commerce et Luxinnovation, ayant pour vocation d’être l’unique contact de toutes les entreprises luxembourgeoises souhaitant se développer au-delà les frontières nationales. De plus, la Chambre des Métiers est également un des partenaires de l’initiative de Luxembourg for Business, une plateforme qui permet en outre une collaboration directe avec les représentants luxembourgeois à l’étranger.


Foires à l’étranger : Informer et présenter

La Chambre des Métiers organise, pour les entreprises intéressées, des visites organisées de salons professionnels à l’étranger. Ceci représente une bonne opportunité pour s’informer sur de nouveaux marchés et d’y créer des contacts de manière simple et directe. Toutes questions concernant la réalité et le potentiel des marchés peuvent y être discutées avant de s’y risquer : Qui sera la concurrence directe ? Quelle innovation est proposée ? Que désire le client ? Comment mon entreprise peut-elle se positionner sur le marché ? … Les entreprises artisanales sont également informées de l’organisation de missions économiques vers les marchés étrangers et de stands collectifs dans les salons d’intérêts à l’étranger. Les entreprises artisanales intéressées pourront obtenir un soutien financier pour préparer leur participation.


Appels d’offres des marchés publics : accès à de nouveaux marchés

La participation aux marchés publics donne aux entreprises la possibilité de se développer sur les marchés étrangers sans avoir à définir au préalable une stratégie spécifique au pays en question. La recherche des offres de marchés publics est très fastidieuse à mettre en place pour les PME et, pourtant potentiellement coûteuse. La Chambre des Métiers propose de ce fait à ses ressortissants une veille spécifique pour la Grande Région mais aussi au niveau européen. Les abonnés reçoivent régulièrement une liste d’appels d’offres actualisée, ce qui leur épargne temps et argent. L’abonnement peut être souscrit auprès de l’Enterprise Europe Network de la Chambre des Métiers.


« Made in Luxembourg » : Promouvoir à l’étranger via un label d’origine

Il est important de se différencier à travers ses produits ou services aux yeux des clients potentiels. Le label « Made in Luxembourg » peut être considérée comme une marque garantissant l’origine et proposant une image connue du produit ou service proposé sur lequel les consommateurs peuvent compter. Le nom et le logo lui-même sont affiliés comme marque et octroyés par une commission indépendante qui se réunit régulièrement. Détenir le label peut conférer des avantages vis-à-vis de produits similaires sur le marché cible. Des informations sur les critères d’éligibilité et d’obtention du label peuvent être demandées auprès de la Chambre des Métiers, qui est l’autorité compétente pour ses ressortissants dans ce domaine.


Informations sur le marché unique et au-delà : Focus sur l’artisanat

La Chambre des Métiers fait un suivi des informations et des nouveautés venant de Bruxelles concernant les prestations de services transnationales et par la suite, suivant intérêts, les communique aux entreprises. Nos ressortissants accèdent donc à une grande variété de renseignements, sous la forme de brochures, de fiches pratiques et de conférences sur les législations étrangères (par exemple : droit du travail et social, droit fiscal…) mais également sur les procédures à suivre en vue d’un développement à l’étranger. Ainsi la Chambre des Métiers tient à disposition des fiches pratiques sur les intérêts de retard en cas de non-paiement ou sur les procédures de recouvrement de créances européennes, établies en deux langues. Les informations ne concernent pas seulement les Etats de l’Union Européenne mais aussi les pays hors UE tels que la Suisse ou encore les pays du Proche-Orient.


Support concernant les formalités à entreprendre

La Chambre des Métiers s’occupe, sur demande des entreprises, de l’accomplissement de certaines formalités à effectuer auprès des autorités compétentes à l’étranger, et ce plus particulièrement pour la France, la Belgique et l’Allemagne. Les formalités pouvant être prises en charge par la Chambre des Métiers concernent par exemple l’inscription à la TVA étrangère ou auprès d’autres registres. Grâce à l’expérience de la Chambre des Métiers, en contact régulier avec les administrations étrangères concernées, les entreprises peuvent ainsi gagner du temps et se concentrer sur leurs prestations proprement-dites.


SOLVIT : dans le cadre de litiges avec des administrations publiques à l’étranger

Lorsque les entreprises rencontrent des difficultés avec des administrations publiques à l’étranger qui n’appliquent pas correctement les lois du marché intérieur, il existe une procédure qui est susceptible de résoudre ces problèmes dans un délai raisonnable. La Chambre des Métiers fournit conseils et assistance sur ces points et soutient les entreprises dans la formulation de leurs problèmes dans le cadre du réseau européen SOLVIT.


Vos contacts pour de plus amples informations
Elke HARTMANN

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