Mike Graas

Mike Graas

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Mike Graas produit en miniature et en 3D bon nombre de réalisations du quotidien afin qu’on puisse imaginer à quoi elles ressembleraient si on décidait de leur donner vie. A 33 ans, ce maquettiste passionné du bâtiment souhaite montrer aux jeunes que l’Artisanat est un secteur moderne et évolutif, à la pointe des nouvelles technologies.

Monsieur Graas, en 2002, vous avez gagné le Premier Prix de la Promotion du Travail en tant que dessinateur en bâtiment. L’Artisanat pour vous, c’est une vocation ? 
Vous savez, j’ai toujours été passionné par la construction, par les bâtiments et par leur architecture. Déjà tout jeune, j’étais fasciné par la manière dont les structures étaient agencées. C’est la raison pour laquelle je me suis orienté vers ce métier. 

Dès 2004, j’ai cumulé un travail auprès d’un architecte avec ma propre structure, avant de me lancer définitivement seul, en 2012. Et je dois vous dire que fonder mon entreprise, cela a été l’une des meilleures décisions que j’ai pu prendre dans ma vie ! 

Etre indépendant signifie avoir plus de flexibilité dans son temps de travail, et donc davantage profiter de sa vie privée, mais aussi travailler avec les gens que l’on choisit et avec qui le courant passe bien. Il faut indiquer aussi, malgré les idées reçues, que l’on gagne davantage d’argent lorsque l’on est à son propre compte. C’est en tout cas ce que j’ai personnellement pu constater. 


«Fonder mon entreprise, cela a été l’une des meilleures décisions que j’ai pu prendre dans ma vie!»


Mon activité me plait, parce que je suis un bricoleur ; je produis des choses que je peux montrer, que tout un chacun peut toucher. Je travaille aussi avec différents types de matériaux : du bois, du plastique, du carton, de l’acier. Mon métier est en fait un métier au sein duquel on retrouve tout un tas de métiers. Je réalise de petites maisons pour lesquelles tous les corps de métiers artisanaux doivent intervenir, et je trouve ceci passionnant. 

Je vis en fait de mon plaisir. Du coup, ce n’est pas vraiment un travail, ce n’est pas une tâche énervante ou embêtante. Tout va tout seul ! 

Et votre décision de vous investir pour la Chambre des Métiers, peut-on dire qu’elle découle de votre passion ?
En quelque sorte oui, dans la mesure où j’étais déjà engagé depuis 2012 au sein du Comité du Jonk Handwierk Lëtzebuerg, et que j’ai envisagé un potentiel mandat au sein de la Chambre des Métiers comme l’opportunité de promouvoir à un niveau beaucoup plus haut, à un niveau national, les besoins et thématiques qui concernent particulièrement les jeunes entrepreneurs de l’Artisanat.

Je trouve important de montrer aux jeunes qu’ils ont un avenir dans le secteur et je suis content de pouvoir participer à la promotion de ses métiers en tant qu’élu de la Chambre des Métiers. 


«Je trouve important de montrer aux jeunes qu’ils ont un avenir dans le secteur.»


Je veux pouvoir dire aux jeunes que l’on gagne de l’argent dans l’Artisanat, que les artisans ne sont pas des imbéciles et que sans l’Artisanat, rien ne fonctionnerait dans un pays. Regardez, l’Artisanat est le seul secteur qui n’a pas souffert de la crise ! Il est essentiel de s’en souvenir. 

Ainsi, je voudrais aider la Chambre des Métiers à faire un travail d’information et de sensibilisation dans les écoles, mais aussi inciter les patrons à accueillir davantage de jeunes dans leurs entreprises pour leur faire découvrir les métiers. Les jeunes ne peuvent pas s’orienter vers le secteur s’ils ne le connaissent pas. J’aimerais aider à changer les choses. Je suis une personne qui cherche toujours des solutions, et je suis persuadé que l’on peut trouver ensemble des moyens pour changer les mentalités.

Motiver les jeunes à s’orienter vers l’Artisanat est donc l’un des défis que vous essayerez de relever. Y’en a-t-il d’autres ? 
Oui. J’aimerais essayer de faire plus pour les petites entreprises, celles qui n’ont qu’un, deux ou trois salariés. Ce type d’entreprise souffre de problèmes pour trouver de petits locaux à prix abordables. Il faudrait travailler à la création de petites zones artisanales, avec des cellules dont le loyer ou le coût à l’achat serait accessible. 


«Il faudrait travailler à la création de petites zones artisanales, avec des cellules dont le loyer ou le coût à l’achat serait accessible.»


En effet, souvent, les petites entreprises telles que la mienne débutent leur activité dans le bâtiment d’habitation privée de l’entrepreneur, ce qui devient difficile à gérer si l’on souhaite engager une personne. Malheureusement, les locaux disponibles sont souvent trop grands, ou trop chers, ou les deux. On ne peut donc pas engager, ce qui nous amène à refuser des projets. C’est regrettable ! Et cela freine l’esprit d’entreprise. 

Je voudrais aussi montrer au grand public que l’Artisanat vit avec la digitalisation et a su se l’approprier. C’est en tout cas le cas dans les métiers du groupe que je représente. Pour ma part, je réalise des maquettes en 3D, j’imprime en 3D, j’utilise des logiciels de virtual reality. Nous utilisons même dans notre domaine des lunettes qui nous permettrons de voir à quoi ressemblera la maison imaginée, de marcher à l’intérieur de celle-ci, de changer la couleur des murs ou de remplacer le carrelage par du parquet par exemple.  

L’Artisanat utilise des technologies d’avenir et je veux informer les jeunes là-dessus. L’Artisanat, contrairement aux idées fausses, c’est aussi pouvoir créer sans se salir les mains. Il y a donc un tas d’informations à coller ensemble pour diffuser une nouvelle image du secteur !  

Propos recueillis en juillet 2017 
par Sabrina Funk, Secrétaire Général