Patrick Colles

Patrick Colles

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A 53 ans, Patrick Colles, électricien de formation et gérant de l’entreprise PATRICK COLLES SARL, a décidé de donner un nouveau tournant à sa carrière professionnelle, en mettant son expérience au service du Centre de Compétences Génie Technique du Bâtiment. Il accomplit à présent cette mission en la conciliant avec son activité artisanale.

Monsieur Colles, si vous deviez résumer en quelques mots vos liens avec l’Artisanat, que mettriez-vous en évidence?
Je dirais que je suis en fait un véritable passionné de la technique, et que c’est la raison pour laquelle, très jeune déjà, je me suis intéressé à l’Artisanat et à ses métiers. Les installations électriques me fascinaient, tant et si bien que j’ai décidé, à 15 ans, de faire un apprentissage afin de devenir électricien. J’ai poursuivi ma formation jusqu’au Brevet de Maîtrise, que j’ai obtenu en 1989. 

Par curiosité, j’ai ensuite voulu aller voir comment cela se passait ailleurs, et j’ai décidé de faire mes expériences dans l’industrie. J’y ai travaillé deux années. Néanmoins, j’ai vite souhaité revenir à ce qui me motivait et que j’aimais réellement: l’Artisanat. 

Ainsi, en 1991, j’ai décidé de me lancer. J’ai choisi de devenir indépendant et j’ai donc créé ma propre entreprise. Je dois dire qu’elle s’est assez bien développée et que nous avons pu compter jusqu’à 13 salariés. 

Je suis aujourd’hui arrivé à un autre tournant, puisqu’il y a quelques mois, j’ai pris la décision de réduire le nombre de salariés, notamment car je voulais saisir l’opportunité de relever un nouveau défi, tout en continuant à faire fonctionner mon entreprise.

Vous avez donc choisi la conciliation de deux activités. Et quant à ce nouveau défi, justement, est-ce que vous pourriez en dire davantage ? 
Mais oui, bien sûr. Je suis membre de l’APEL, l’Association des Patrons Electriciens, depuis la date de création de mon entreprise. En 2015, j’en suis devenu le Président. L’engagement a toujours été quelque chose qui me tenait à coeur. Très vite, j’ai souhaité m’investir pour le domaine de la formation initiale, car j’estime que l’apprentissage est quelque chose de fondamental. Il est nécessaire que nous ayons une transmission des savoirs.


«Stimuler la formation professionnelle continue des artisans est important.»


Le secteur a compris mon intérêt pour la formation en général. C’est la raison pour laquelle lorsque l’on m’a proposé de m’impliquer pour le Centre de Compétences «Génie Technique du Bâtiment», j’ai accepté sans hésiter. Le projet LuxBuild2020, monté par un partenariat composé de Myenergy, de l???Institut de Formation du Secteur du Bâtiment, de la Chambre des Métiers et la Fédération des Artisans, a permis d’élaborer des référentiels de compétences qui ont permis de structurer l’offre de formation des Centres de Compétences, et tout cela m’a beaucoup plu. Pour moi, stimuler la formation professionnelle continue des artisans du secteur de la construction, surtout dans le domaine de la construction et de la rénovation d’habitations à haute performance énergétique, est important. 

Aujourd’hui, mon travail consiste à examiner les besoins des entreprises, afin de leur fournir les cours dont elles ont besoin. Il s’agit en fait de l’élaboration d’un travail sur-mesure. On regarde ce qui est utile au secteur et on proposera ensuite des cours aux entreprises artisanales afin que leurs collaborateurs disposent en permanence des compétences nécessaires pour faire face aux nouvelles techniques. Ceci leur permettra ainsi d’être toujours et davantage concurrentielles.

Est-ce que l’on peut dire que c’est cet intérêt pour la formation qui vous a conduit à vous présenter aux élections de la Chambre des Métiers, et par suite, à proposer votre candidature comme membre de son Comité ? 
Oui, effectivement. Je sais aussi que par ses missions légales, la Chambre des Métiers a son mot à dire, certes pour le domaine de la formation en particulier, mais aussi et surtout pour le secteur de l’Artisanat d’une manière générale. Je sais que les chantiers sont nombreux, notamment lorsqu’il s’agit de donner des informations aux jeunes sur nos métiers. La Chambre des Métiers l’a fait via son programme de sensibilisation Hands Up, et je sais qu’elle va continuer à le faire par la création de son nouveau service «jeunes». J’approuve entièrement ses actions. 

Je sais, car je suis présent lors des examens de fin d’apprentissage, qu’il existe encore des jeunes très intéressés par le secteur, et qui sont talentueux. Je me félicite de cela car vous savez, comme je le dis toujours, pour moi, l’Artisanat, c’est le plus important. S’il n’y a plus d’Artisanat, plus rien ne fonctionne. Essayez un instant d’imaginer que tous les artisans fassent grève en même temps ? Le pays ne survivrait pas longtemps ! 

Le problème est souvent l’image négative qui est véhiculée sur le secteur, dont les perspectives de carrière sont méconnues des parents et des enseignants. Du coup, ce n’est pas vers ces métiers que l’orientation est faite. 

Il faut vraiment changer cela et montrer aux jeunes que nous disposons de métiers d’avenir pour eux. C’est ce qui me tient à c??ur et à quoi je veux m’atteler personnellement. Il y a une grosse part d’ombre qui plane sur les activités de notre secteur et je pense qu’il est grand temps de ramener la lumière sur elles. 

Propos recueillis en juillet 2017 
par Sabrina Funk, Secrétaire Général