Situation conjoncturelle de l'Artisanat au 2e trimestre 2018 : nouvelle hausse de l'activité

Etudes & Statistiques Publié le 12 septembre 2018 , par Chambre des Métiers Retour
Artisanat

La Chambre des Métiers réalise quatre fois par an une enquête de conjoncture auprès de ses ressortissants.
La présente note reprend les résultats de la dernière enquête menée au 2e trimestre 2018.

L’enquête de conjoncture de la Chambre des Métiers affiche une nouvelle hausse de l’indicateur d’activité au 2e trimestre 2018 pour l’Artisanat pris dans son ensemble.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Graphique 1 : Historique et prévision de l’indicateur de l’activité du secteur de l’Artisanat, 2010-2018

Après de conséquentes baisses dues à la crise économique, l’activité de l’Artisanat s’est progressivement redressée à partir du 4e trimestre 2013. La reprise a été très vigoureuse dans une première phase – un phénomène qui peut être qualifié d’effet de rattrapage - pour perdre en intensité depuis l’année 2015. L’enquête de conjoncture du 2e trimestre 2018 ne fait pas exception à la règle et s’inscrit dans la continuité, en affichant une nouvelle augmentation de l’activité.

Même si tous les groupes de métiers affichent une tendance positive voire stable, il existe quelques différences quant à l’ampleur de la progression. Ce sont les métiers 

de l’« alimentation » et de la « mode, santé et hygiène » qui connaissent la plus forte amélioration de la situation économique.

Selon les prévisions de la Chambre des Métiers, le 3e trimestre de l’année 2018 devrait se caractériser par une augmentation de l’activité de la même intensité qu’au 2e trimestre.

Même si, globalement, l’indicateur de conjoncture de l’Artisanat poursuit une tendance positive, il peut masquer des évolutions divergentes au niveau des différents groupes de métiers.

 

Construction : Stabilisation de l’activité à un niveau bien au-dessus de la moyenne décennale

Depuis le 1er trimestre 2016, l’indicateur de l’activité de la construction est resté assez stable sur un niveau bien au-dessus de la moyenne décennale. L’indicateur de l’activité se rapproche même du niveau de la période de boom des années 1999 - 2002. Les prévisions pour le 3e trimestre 2018 sont encore légèrement plus optimistes.

Par ailleurs, l’enquête de conjoncture montre que le carnet de commandes  du secteur de la construction (tous métiers confondus) a atteint au 2e trimestre 2018 avec un niveau de 6,5 mois, le niveau le plus élevé depuis qu’elle a été réalisée pour la première fois en 1986.

Si l’indicateur conjoncturel de l’activité dans la construction fait ressortir des résultats plutôt favorables, il y a cependant plusieurs aspects qui nuancent cette image positive.

Premièrement, 22% des entreprises de la construction ont signalé que l’activité a été entravée par la pénurie de main-d’œuvre (qualifiée). Celle-ci est la plus prononcée pour les « électriciens » avec un taux de 36% d’entreprises déclarant être confronté à ce défi et de 25% pour le « revêtement de sols et de murs ».


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Graphique 2 : Les indicateurs du prix et de la demande du secteur de la construction, 2011-2018

Deuxièmement, beaucoup d’entreprises n’arrivent pas à adapter leurs prix en dépit de la forte hausse de la demande. Le graphique 2 montre l’évolution, ainsi que les prévisions des indicateurs de prix et de la demande, tels qu’issus de l’enquête de conjoncture de la Chambre des Métiers. Il en ressort que la demande exerce une forte influence sur les prix, ce qui est conforme à la loi de l’offre et de la demande. En revanche, il existe un écart structurel entre la courbe de la demande et celle des prix : il y a plus d’entreprises qui voient leur demande s’accroître sur la période observée que d’entreprises qui arrivent à adapter leurs prix à la hausse. L’explication de cette tendance réside certainement dans l’intensité de la concurrence dans le secteur.

Cette évolution a donc forcément des répercussions négatives sur la marge bénéficiaire des entreprises. En effet, lorsque les coûts augmentent, une non-adaptation ou une adaptation des prix inférieure à la progression des frais est synonyme de dégradation de la marge bénéficiaire. Selon le résultat de l’enquête de conjoncture, 18 % des entreprises du secteur de la construction ont vu décroitre leur marge au cours du 2e trimestre 2018 contre 4 % dont la marge a augmenté.

L’évolution de l’activité n’est pas uniforme à travers les différents corps de métier. Si les corps de métiers du « gros-œuvre », de la « toiture », de la « peinture »,  du « revêtement de sols et de murs » et de la « menuiserie » sont les principaux responsables de la tendance positive de l’activité du secteur de la construction au cours du 2e trimestre 2018, d’autres corps de métiers connaissent une tendance moins positive. En effet, ce sont les indicateurs d’activité des corps de métiers du « génie civil », de l’« électricien », de la « serrurerie » et des « installations sanitaires et de chauffage » qui exercent tous au 2e trimestre 2018 une influence plus ou moins négative sur la tendance générale de la construction.

Néanmoins, les perspectives pour le 3e trimestre de l’année 2018 s’annoncent, à quelques exceptions près, positives.

Les autres groupes de l’Artisanat : une forte progression des secteurs de la « mode, santé et hygiène » et de l’« alimentation »

Depuis le 3e trimestre 2017, l’indicateur du groupe « alimentation » affiche une progression assez remarquable qui s’étend jusqu’au 2e trimestre 2018. Ce développement de l’activité a été interrompu uniquement par une baisse au 4e trimestre 2017. En revanche, les résultats de l’enquête prévoient un ralentissement de l’activité pour le 3e trimestre 2018. Il faut noter que d’un trimestre à l’autre, cet indicateur affiche une importante volatilité en raison d’un nombre limité de « grandes » entreprises ayant une forte influence sur les résultats de l’enquête.

L’indicateur du groupe « mode, santé et hygiène » (MSH) n’a pas cessé de diminuer au cours de l’année 2017. Ainsi, le niveau de l’activité est même tombé légèrement en-dessous de la moyenne 2008-2017 pendant le 4e trimestre 2017. Si le premier trimestre 2018 a déjà affiché une reprise de l’indicateur, c’est surtout au 2e trimestre que l’activité a pu décoller. Les prévisions pour le 3e trimestre révèlent même une progression encore plus solide que celle des trois mois précédents.

L’activité du groupe « mécanique » affichait une tendance stable pendant l’année 2017, avec de légères hausses et baisses qui se relayaient. Par contre, l’année 2018 a débuté avec une hausse significative de l’activité, certainement imputable au festival de l’automobile. Les nouvelles immatriculations de voitures particulières et de voitures à usage mixte neuves affichent une hausse de 6% sur les 6 premiers mois de l’année 2018 en comparaison avec la même période de l’année précédente. Elles se situent au-dessus du niveau de 2008 qui a jusqu’ici marqué le niveau le plus élevé. Au 2e trimestre, l’indicateur d’activité de la « mécanique » est resté stable et les prévisions indiquent une nouvelle augmentation sur le 3e trimestre.

Le groupe « imprimeries » affiche quant à lui une tendance stable au 1er et 2e trimestre 2018. Même si l’indicateur de l’activité reste légèrement au-dessus de la moyenne décennale, il ne parvient pas à retrouver son niveau d’avant la crise économique de 2008. Le secteur subit les conséquences du changement structurel induit par la digitalisation progressive de la société. Or, depuis le 4e trimestre 2017, une demande insuffisante n’est pas le seul facteur limitatif de l’activité signalé par les patrons, car de plus en plus d’imprimeurs souffrent d’une pénurie de main-d’œuvre (qualifiée). Lors du 2e trimestre 2018, 24 % des chefs d’entreprises ont déclaré devoir faire face à cette difficulté. Pour le 3e trimestre 2018, les résultats de l’enquête prévoient une hausse de l’activité.

 

Contact

Norry DondelingerTél.: +352 42 67 67 - 310 ; 
Max Urbany - Tél.: +352 42 67 67 - 261 ;

 

Pour plus d'informations

Consultez le détail des résultats de l’enquête pour les différents corps de métiers sous forme de tableaux et de graphiques.

 

 

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