L’Artisanat au 3e trimestre 2018 : l’indicateur d’activité au plus haut niveau depuis 2002

Mon entreprise Publié le 07 décembre 2018 Retour
Conjoncture 3 18 Activité artisanat

La Chambre des Métiers réalise quatre fois par an une enquête de conjoncture auprès de ses ressortissants. La présente note reprend les résultats de la dernière enquête menée au 3e trimestre 2018.

 

L’enquête de conjoncture de la Chambre des Métiers affiche une légère hausse de l’indicateur d’activité au 3e trimestre 2018 pour l’Artisanat pris dans son ensemble. Ainsi, il se situe à un niveau élevé, bien supérieur à sa moyenne décennale.

Après de conséquentes baisses dues à la crise économique, l’activité de l’Artisanat s’est progressivement redressée à partir du 4e trimestre 2013. La reprise a été très vigoureuse dans une première phase – un phénomène qui peut être qualifié d’effet de rattrapage - pour perdre en intensité depuis l’année 2015. L’enquête de conjoncture du 3e trimestre 2018 ne fait pas exception à la règle et s’inscrit dans la continuité, bien que la nouvelle augmentation de l’activité est relativement faible.

Depuis l’année 2002, l’indicateur de l’activité n’avait plus atteint un niveau aussi élevé.

Selon les prévisions de la Chambre des Métiers, le 4e trimestre de l’année 2018 devrait se caractériser par une augmentation de l’activité de la même intensité qu’au 3e trimestre.

La progression modérée de l’indicateur d’activité de l’Artisanat s’explique par des évolutions divergentes au niveau des différents groupes de métiers. Ainsi, ce sont les métiers de la Construction et du groupe « Imprimeries » qui exercent une influence positive sur la tendance générale de l’Artisanat.

Construction : l’indicateur d’activité atteint un niveau qu’il n’avait plus connu depuis 2002, mais le secteur souffre d’une pénurie de main-d’œuvre (qualifiée).

Depuis le 1er trimestre 2016, et après avoir connu un effet de rattrapage après les années de crise, l’indicateur d’activité de la construction est resté assez stable (progression de 2 points sur 10 trimestres), tout en se situant bien au-dessus de la moyenne décennale. Il se rapproche même du niveau de la période de boom des années 1999 - 2002. Pour le 4e trimestre 2018, l’enquête de conjoncture prévoit un maintien de l’activité au niveau du 3e trimestre.

Par ailleurs, l’enquête de conjoncture montre que le carnet de commandes  du secteur de la construction (tous métiers confondus) n’a augmenté que marginalement  sur une année et atteint 5,9 mois au 3e trimestre 2018. Ainsi, et même si le carnet de commande a diminué au 2e trimestre 2018 (-0.6 mois), ceci représente le niveau le plus élevé pour un troisième trimestre depuis que l’enquête de conjoncture a été réalisée pour la première fois en 1986.

Si l’indicateur conjoncturel de l’activité dans la construction fait ressortir des résultats plutôt favorables, il y a cependant plusieurs aspects qui nuancent cette image positive.

Premièrement, 24% des entreprises de la construction ont signalé que l’activité a été entravée par la pénurie de main-d’œuvre (qualifiée). Celle-ci est la plus prononcée pour les installateurs chauffage-sanitaire-frigoriste avec un taux de 33% d’entreprises déclarant être confrontées à ce défi, suivis par les électriciens et les charpentiers-couvreurs-ferblantiers où cette proportion est de 29%. Au vu des chiffres, la Chambre des Métiers constate que le manque de personnel (qualifié) est plus aigu dans la mesure où le degré de technicité de l’activité augmente.

Deuxièmement, beaucoup d’entreprises n’arrivent pas à adapter leurs prix en dépit de la forte hausse de la demande. Le graphique 2 montre l’évolution, ainsi que les prévisions, des indicateurs de prix et de la demande, tels qu’issus de l’enquête de conjoncture de la Chambre des Métiers. Il en ressort que la demande exerce une forte influence sur les prix, ce qui est conforme à la loi de l’offre et de la demande. En revanche, il existe un écart structurel entre la courbe de la demande et celle des prix : il y a plus d’entreprises qui voient leur demande s’accroître sur la période observée que d’entreprises qui arrivent à adapter leurs prix à la hausse. L’explication de cette tendance réside certainement dans l’intensité de la concurrence dans le secteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette évolution a donc forcément des répercussions négatives sur la marge bénéficiaire des entreprises. En effet, lorsque les coûts augmentent, une non-adaptation ou une adaptation des prix inférieure à la progression des frais est synonyme de dégradation de la marge. Selon le résultat de l’enquête, 19 % des entreprises du secteur de la construction ont vu décroitre leur marge au cours du 3e trimestre 2018 contre 4 % dont la marge a augmenté.

L’évolution de l’activité n’est pas uniforme à travers les différents corps de métiers. Si les activités du « gros-œuvre », du « génie-civil », de la « toiture », de la « peinture »,  du « revêtement de sols et de murs » et de la « menuiserie » sont les principaux responsables de la tendance positive de l’activité du secteur de la construction au cours du 3e trimestre 2018, d’autres corps de métiers connaissent une tendance moins favorable. En effet, ce sont les indicateurs d’activité des corps de métiers de l’« électricien », de la « serrurerie » et des « installations sanitaires et de chauffage » qui exercent tous au 3e trimestre une influence plus ou moins négative sur la tendance générale de la construction.

Les perspectives pour le 4e trimestre de l’année 2018 s’annoncent légèrement négatives en termes d’activité pour une majorité des corps de métiers.

Les autres groupes de l’Artisanat : stabilisation à un niveau élevé des secteurs de la « mécanique » et de l’ « alimentation ».

L’activité du groupe « mécanique » affichait une tendance stable pendant l’année 2017. Par contre, l’année 2018 a débuté sur une hausse significative de l’indicateur d’activité, certainement imputable au festival de l’automobile.

Si les nouvelles immatriculations de voitures particulières et de voitures à usage mixte neuves ont, selon les données du STATEC, battu des records pendant la première moitié de l’année 2018, elles ont cependant connu une légère baisse de 2% au 3e trimestre par rapport à 2017. Pourtant, en considérant les trois premiers trimestres de l’année 2018, les nouvelles immatriculations affichent tout de même une hausse de 4% en comparaison avec la même période de l’année précédente et se situent même au-dessus du niveau de 2008 qui fut une année record.

De façon similaire, le résultat de l’enquête de conjoncture de la Chambre des Métiers signale un ralentissement de l’indicateur d’activité de la « mécanique » au 3e trimestre, qui reste toutefois bien au-dessus du niveau de l’année 2017. Par ailleurs, les prévisions indiquent une nouvelle augmentation sur le 4e trimestre.

Après une progression assez remarquable depuis le 3e trimestre 2017, l’indicateur du groupe « alimentation » perd légèrement en vigueur au 3e trimestre 2018, tout en situant à un niveau élevé. Par ailleurs, les résultats de l’enquête prévoient une nouvelle progression de l’activité pour le 4e trimestre. Il faut noter que d’un trimestre à l’autre, cet indicateur affiche une importante volatilité en raison d’un nombre limité de « grandes » entreprises ayant une forte influence sur les résultats de l’enquête.

L’indicateur d’activité du groupe « mode, santé et hygiène » (MSH) n’a pas cessé de diminuer au cours de l’année 2017. Ainsi, il est même tombé légèrement en-dessous de la moyenne décennale pendant le 4e trimestre 2017. Si les deux premiers trimestres 2018 ont été caractérisés par une reprise, l’activité au 3e trimestre affiche de nouveau une légère tendance à la baisse. Pourtant, la prévision pour le 4e trimestre révèle une progression très solide de l’activité.

Le groupe « imprimeries » affiche quant à lui une tendance stable dès le début de l’année 2018. Même si l’indicateur d’activité reste légèrement au-dessus de la moyenne décennale, il ne parvient cependant pas à retrouver son niveau d’avant la crise économique de 2008. Le secteur subit les conséquences du changement structurel induit par la digitalisation progressive de la société. Or, de plus en plus d’imprimeurs souffrent d’une pénurie de main-d’œuvre (qualifiée). Lors du 3e trimestre 2018, 25 % des chefs d’entreprises ont déclaré devoir faire face à cette difficulté. Pour le 4e trimestre 2018, les résultats de l’enquête prévoient une hausse de l’activité.

L'enquête de conjoncture de la Chambre des Métiers du 3e trimestre 2018 se base sur environ 1.250 réponses d'entreprises artisanales. Les entreprises sont invitées à indiquer l’évolution des paramètres suivants pour le trimestre en cours et celui à venir : activité, emploi, carnet de commandes, prix de vente, chiffre d’affaires, situation de trésorerie, marge bénéficiaire et délais de paiement des clients. Le solde indiqué dans les graphiques représente la différence entre les  réponses positives (p. ex. hausse de l’activité) et négatives (p. ex. baisse de l’activité) à une question spécifique du formulaire.

Contact
Norry Dondelinger - Tél.: +352 42 67 67 - 310 ; 
Max Urbany - Tél.: +352 42 67 67 - 261 ;

Pour plus d’informations
Consultez le détail des résultats de l’enquête pour les différents corps de métiers sous forme de tableaux et de graphiques.

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