Contenu actualisé le 02.06.2017

INDEX

Chiffres et statistiques

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L'Artisanat en chiffres

L’artisanat est un secteur de l'économie luxembourgeoise qui ne peut être négligé: avec environ 7.000 entreprises recensées en 2016, ce secteur offre des emplois à quelque 90.000 personnes et forme ainsi le premier employeur du Grand-Duché.

Voici d'autres chiffres intéressants:

Économie

Par rapport à l’économie dans son ensemble, l’artisanat représente

  • 2 % des investissements
  • 9 % de la valeur ajoutée
  • 23 % de l’emploi total
  • 22 % des entreprises


Évolution du nombre d'entreprises et d'emplois

Forte hau​sse du nombre d’entreprises et d’emplois

L’évolution du nombre d’entreprises artisanales se décline en deux phases.

De 1970 à 1990, il recule progressivement pour passer d’environ 5.000 à quelque 3.700 entités. Or, du fait que l’emploi de l’Artisanat augmente en parallèle, la taille moyenne des entreprises affiche une hausse importante.

Par contre, la deuxième phase qui s’étend du début des années 90 à nos jours se caractérise par une augmentation continue du nombre de structures artisanales. Ce sont avant tout les vagues successives de libéralisation du droit d’établissement, combinées à un environnement économique plus que favorable, qui ont contribué à ce que le nombre d’entreprises soit en hausse au courant de cette seconde phase. Il s’élève à 7.034 en 2016.

L’emploi connaît quasiment sur l’ensemble de la période de référence 1970-2015 une progression, et ce, même au cours des crises économiques lors desquelles la création d’emplois ralentit certes, mais reste tout de même positive. Si l’artisanat occupe en 1970 quelque 25.000 personnes, il en emploie 90.479 en 2016.

Dans ce contexte, il faut remarquer que l’artisanat a bénéficié de plusieurs évolutions positives expliquant cette création d’emplois notable: l’augmentation progressive de la population – donc du nombre de clients potentiels – et du pouvoir d’achat, une demande croissante émanant d’autres secteurs, comme le secteur financier et l’industrie, de même que la hausse, ou du moins le maintien à un niveau élevé, des investissements publics.

L’artisanat joue donc un rôle important dans la lutte contre le chômage, en ce qu’il crée un nombre important d’emplois stables et offre également des débouchés aux personnes moins qualifiées.


L’Artisanat : vecteur d’intégration

L’artisanat dépend de plus en plus de la main-d’oeuvre frontalière

Les statistiques relatives à l’origine des salariés occupés dans l’Artisanat révèlent que la part des frontaliers passe de 27% en 1990 à 49% en 2016. Désormais, un salarié sur deux ne réside pas au Luxembourg, mais en France, en Allemagne ou en Belgique. En tout, cette catégorie de collaborateurs compte quelque 41.000 personnes.

La part des résidents étrangers se rétrécit de 47% à 37% sur la période 1990-2016 face à l’explosion du nombre de travailleurs frontaliers. En chiffres absolus, ce groupe de salariés représente actuellement environ 31.000 personnes.

Si la part des Luxembourgeois dans l’ensemble des salariés diminue de 26% à 14% au fil du temps, leur nombre reste cependant stable en chiffres absolus. Quelque 12.000 nationaux gagnent leur vie dans l’Artisanat. Sur le long terme, le poids des salariés portugais est en retrait au profit de ceux de nationalité française et allemande.

Les chiffres commentés ci-dessus montrent clairement que le secteur artisanal souffre d’une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée. Face à la très importante hausse de l’emploi de la dernière décennie, l’écart entre la demande de salariés et l’offre de main-d’oeuvre issue du système éducatif luxembourgeois s’est accrue: le nombre d’apprentis et de détenteurs du Brevet de Maîtrise ne suit pas. Dans ce contexte, il faut relever que la majorité des salariés de l’artisanat n’est pas passée par le système éducatif national, soit parce qu’ils sont des travailleurs frontaliers, soit parce qu’ils sont des travailleurs immigrés résidents qui n’ont pas forcément passé leur scolarité au Luxembourg.


Statuts juridiques des entreprises

Chiffres clés 2016-Statuts juridiques

Sur le long terme, les entreprises individuelles sont en perte de vitesse

Entre 1970 et 2016, le statut juridique prédominant dans l’Artisanat subit des mutations profondes. Si par le passé 9 entités sur 10 étaient des entreprises individuelles, actuellement seulement 1 entreprise sur 4 revêt ce statut. Sur les dernières années, la part des entreprises individuelles a cependant tendance à se stabiliser.

Parallèlement, on assiste à l’essor des sociétés de capitaux, surtout au cours des années 90. C’est la forme juridique de la société à responsabilité limitée,« S.à r.l.», qui est la plus prisée, alors qu’elle est particulièrement bien adaptée à des entreprises de taille plutôt réduite. En 2016, 59 % des entreprises revêtent ce statut. Cependant, la société anonyme connaît également un succès croissant, bien que beaucoup moins prononcé que les S.à r.l. Ceci tient au fait que la S.A. requiert une gestion administrative plus poussée, notamment en termes de contrôle financier, ce qui rend cette forme juridique plus onéreuse, particulièrement pour les PME.

Quelles sont les raisons amenant les chefs d’entreprises à préférer le statut de société de capitaux par rapport à celui d’entreprise individuelle?

D’après la Chambre des Métiers, le principal facteur explicatif est à rechercher dans la limitation du risque financier, qui, dans le cas des S.A. et S.à r.l., est essentiellement limité à l’apport en capital ou en nature. En effet, lors des dernières décennies le contexte économique a fondamentalement changé, en ce sens que la globalisation et le processus d’intégration européen ont conduit à une intensifi cation de la concurrence, tant au niveau national que sur le plan international.

Une autre raison expliquant le recours accru aux sociétés de capitaux est la taille moyenne croissante des entreprises artisanales, une tendance qui a pour effet d’accroître les besoins en capitaux et d’obliger souvent plusieurs associés à joindre leurs ressources fi nancières pour créer ou reprendre une entreprise, alors que les fonds nécessaires ne peuvent plus être mis à disposition par une personne individuelle.


Taille moyenne des entreprises

La taille des entreprises artisanales augmente progressivement jusqu’à un passé récent

Ainsi, la part des entités n’occupant pas de salariés recule de 39% en 1980 à 30% en 2010. Sur les dernières années on constate cependant une importance accrue de ce type de structure, leur part remontant à 34% en 2015. Il semble toutefois trop tôt pour qualifier cette évolution de renversement de tendance. Parallèlement, la part des entreprises employant entre 1 et 9 collaborateurs se rétrécit de 49% à 41% entre 1980 et 2016.

D’un autre côté, les «petites» entités qui occupent 10 à 49 salariés gagnent en importance avec leur part qui double pour passer de 10% à 20%. Une évolution analogue peut être observée pour les structures employant plus de 50 collaborateurs qui représentent actuellement 4% de l’ensemble des entreprises contre 2% en 1980.

Si les causes sous-jacentes à ces tendances lourdes ne sont pas évidentes, il existe un certain nombre de facteurs explicatifs possibles.

Pour le groupe de l’alimentation, on constate une tendance à la concentration qui peut être liée au fait que les entreprises relevant de ce secteur sont obligées d’augmenter leur volume de production pour atteindre une masse critique qui permette de compenser la détérioration de la rentabilité.

Au niveau de la construction, il est à observer que les entreprises couvrent une palette de plus en plus large d’activités pour répondre à la demande de la clientèle, désireuse de réduire au strict minimum le nombre d’intervenants nécessaires pour l’exécution de travaux spécifiques.

Ces deux tendances font que les entreprises prises individuellement nécessitent une main-d’oeuvre plus importante, ce d’autant plus que les gains de productivité consistant à substituer le capital au travail sont limités dans l’Artisanat.

Le nouvel «essor» des entreprises sans salariés s’explique notamment par une création importante de nouvelles entités dans des métiers de prestations de services à la personne tels que celui de pédicure ou de manucure-maquilleur. Ces créateurs sont souvent des femmes exerçant cette activité «à temps partiel», ce qui leur permet de mieux concilier leur vie professionnelle avec leur vie familiale.


Évolution conjoncturelle

L’activité artisanale en hausse

La Chambre des Métiers réalise tous les trois mois une enquête conjoncturelle auprès de ses ressortissants. L’un des principaux indicateurs est le niveau d’activité qui permet de situer la marche des affaires. L’Artisanat a connu avant 2008 une période de forte activité. Avec le début de la crise économique la situation s’est toutefois détériorée de façon notable, le creux de la vague ayant été atteint au 4e trimestre 2009. Depuis la fin de l’année 2009, l’activité a enregistré une légère reprise, même si le niveau de 2008 n’a pas été rejoint. Toutefois, cette hausse n’était pas appelée à durer, alors qu’à partir du début de l’année 2012 l’activité accuse de nouveau un recul qui a perduré jusqu’à la fin de l’année 2013. Depuis, l’activité a cependant de nouveau augmenté. Il faut toutefois souligner que les résultats de l’Artisanat sont avant tout influencés par ceux de la construction qui constitue de loin le secteur le plus important dans la population des entreprises artisanales.

Une analyse à plus long terme montre que les métiers de la mode, santé & hygiène, mais avant tout ceux de l’alimentation, subissent moins les aléas conjoncturels que les autres groupes. Par contre, un secteur qui a ressenti de manière aiguë les répercussions de la crise est celui de la mécanique. Après le creux atteint en 2009, la situation ne s’est que très lentement redressée. La construction quant à elle suit avec un certain décalage l’évolution de l’économie nationale telle qu’elle se traduit à travers celle du PIB.

Finalement, l’activité des imprimeries se situe à un niveau particulièrement bas, sous l’effet conjugué de tendances conjoncturelles défavorables et de défis structurels de taille.


Taux de survie

Taux de survie

Les entreprises artisanales nouvellement créées sont plus robustes que celles d’autres secteurs

Le taux de survie représente le pourcentage d’entreprises qui sont encore en vie 5 ans après leur création. Pour les entreprises artisanales qui se sont constituées en 2011, il se situe à 64 % ; en d’autres termes, en 2016 bien plus de la moitié des entités créés en 2011 sont toujours actives et ceci même si elles ont dû traverser une période de criseéconomique. Au moment de la création, ces entreprises occupent en moyenne 2 personnes, la taille moyenne s’élevant à 5 personnes 5 ans plus tard.

Comparé à d’autres secteurs économiques, le taux de survie des entreprises artisanales créées en 2009 est généralement plus élevé, alors qu'il s'établit à 69 % 5 ans plus tard. Ainsi, pour l'industrie, le commerce et l'économie en général, il se situe à respectivement à 60 %, 55 % et 55 %. Dans la branche «hébergement / restauration», il n'atteint que 41 % (chiffres les plus récents, publiés par le STATEC).

Quelles sont les raisons qui expliquent des taux de survie aussi divergents ? Si l’ensemble des secteurs subit les aléas conjoncturels résultant de la crise, les défis structurels auxquels ceux-ci doivent faire face, notamment leur position compétitive par rapport aux entreprises étrangères, peuvent largement varier et expliquer une partie de cet écart.

Une autre cause pourrait résider dans les conditions d’établissement qui peuvent être plus ou moins restrictives. Ainsi, le droit d’établissement requiert un certain niveau de qualification pour la création ou la reprise d’une entreprise artisanale. Malgré une récente libéralisation de ces dispositions, les exigences en matière de qualification restent importantes : pour pouvoir exercer une activité de la liste A (voir pages 4 à 9), le créateur ou repreneur doit être détenteur d’un Brevet de Maîtrise ou d’un diplôme considéré comme équivalent, alors que l’exercice des activités de la liste B est subordonné soit à une qualification de niveau CATP/DAP soit à un stage professionnel que le requérant doit avoir suivi.

La transmission d'entreprises

Chiffres clés 2016-Transmission

La régénération du tissu économique constitue un sujet essentiel pour l’Artisanat. En effet, c’est à travers la création d’entreprises nouvelles et la transmis-sion/reprise d’entreprises existantes qu’il pourra à terme assurer sa pérennité.

Les analyses de la Chambre des Métiers montrent qu’en 2016, il y a 1.191 gérants potentiellement à la recherche d’un repreneur. Ayant atteint un âge de 60 ans ou plus, ces gérants sont susceptibles d’entamer la recherche d’un successeur et de préparer l’entreprise ainsi que ses salariés et le repreneur potentiel afin de passer l’entreprise entre de bonnes mains.

La reprise d’une entreprise artisanale offre de belles perspectives d’avenir aux suc-cesseurs, alors que, contrairement à une création d’une entité nouvelle, l’établissement en activité jouit d’une certaine renommée; en plus il dispose d’ores et déjà de sa clientèle et de son réseau de fournisseurs.

Assurer la continuité des PME artisanales, permettra d’assurer le savoir artisanal ainsi que les emplois y liés.

Afin de mettre en contact les cédants et les repreneurs potentiels, en toute discré-tion, la Chambre des Métiers a mis en place une bourse d’entreprises. Plus d’informations dans la rubrique Bourse d'entreprises.

Formation

Apprentissage-Maîtrise: le repère en matière de qualification dans l’Artisanat n’a plus la même importance qu’autrefois

Le nombre d’apprentis enregistre une hausse pour passer de 1.335 en 1990 à 1.736 personnes en 2016. Toutefois le nombre de personnes obtenant le certificat / diplôme de fin d’apprentissage accuse une légère baisse, ce qui semble indiquer qu’un nombre croissant de personnes suivant une telle formation l’abandonnent en cours de route ou ne réussissent pas le projet intégré. Quant aux candidats inscrits au Brevet de Maîtrise, leur nombre est relativement volatil, mais une certaine tendance à la baisse peut être décelée au cours des deux dernières décennies.

En ce qui concerne les réussites à l’examen du Brevet de Maîtrise, on constate une évolution à la baisse au cours des années 90 et de la première décennie du millénaire. Sur un passé récent, leur nombre augmente de nouveau. La hausse des inscriptions au niveau de la formation continue reflète d’une part la tendance à la hausse de l’emploi de l’Artisanat – avec en parallèle une augmentation des personnes susceptibles de suivre une formation – et d’autre part un certain nombre d’exigences légales et réglementaires, par exemple dans le domaine de la santé et de la sécurité des travailleurs, obligeant les chefs d’entreprises à former leur personnel. En 2016, le nombre de participants à une formation subit toutefois une baisse par rapport à 2010.

Infobox

Vos conseillers à la Chambre des Métiers
Norry Dondelinger, tél.: 42 67 67 - 257,
Philippe Maroldt, tél.: 42 67 67 - 260,

Publications de la Chambre des Métiers

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