Situation économique au 4ème trimestre 2025 :
Une productivité qui s’effrite : le talon d’Achille de l’Artisanat ?
Au cours des deux dernières décennies, l’économie luxembourgeoise a connu une évolution marquée par un paradoxe croissant. D’une part, le niveau de productivité a atteint un niveau très élevé, tandis que, d’autre part, l’indicateur de la productivité a connu une stagnation voire une baisse au fil des ans. En particulier, la productivité par salarié, qui peut être définie comme le rapport entre le volume de production et les ressources humaines nécessaires pour l’obtenir, semble effectivement se dégrader tendanciellement à l’échelle nationale, sans qu’une véritable réponse politique appropriée ne soit mise en oeuvre pour contrecarrer cette évolution délétère pour les fondements mêmes du modèle social luxembourgeois.
La baisse de la productivité dans des secteurs clés de l’Artisanat tels que la construction, la mécanique et les activités de production manufacturières1, trouve son origine dans une multitude de facteurs exogènes et constitue une source de préoccupation majeure. La diminution de l’activité dans divers secteurs en particulier celui de la construction, la volatilité des coûts des matières premières, et l’effet d’une concurrence exacerbée conduisant à une compression des prix et, par conséquent, des marges bénéficiaires en constituent les explications les plus manifestes.
Comme l’indique la dernière note de conjoncture publiée par la Chambre des Métiers2, l’hypothèse d’un retour dans des eaux plus calmes est un élément crucial pour l’avenir de l’Artisanat, mais également pour l’économie du pays en son ensemble. En effet, la viabilité et la compétitivité des entreprises artisanales sont des facteurs déterminants pour la productivité globale du tissu économique. Une détérioration des entreprises artisanales peut donc avoir des conséquences néfastes sur l’ensemble de l’économie luxembourgeoise à terme.
La stagnation relative de la productivité en Europe ainsi que l’érosion concomitante de la compétitivité des principales économies de l’Union Européenne sont des phénomènes qui résonnent avec la situation préoccupante que rencontre le Luxembourg. Le Vieux Continent ne fait pas face à un manque de ressources financières ou de compétences pour relancer la croissance, mais plutôt à un déficit d’investissements productifs et à un manque de dynamisme, exacerbés par un surplus de règles et de complexité règlementaire. A cela s’ajoutent également des processus décisionnels trop lents intervenant dans un marché fragmenté où les intérêts nationaux peuvent parfois prévaloir sur l’intérêt collectif.