Des vœux pour 2021, oui mais lesquels ?

Mon entreprise Chambre des Métiers Publié le 14.01.2021

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Formuler des vœux pour 2021 peut paraître téméraire si l’on regarde ce que cela avait donné pour 2020. Qui eut cru le 31 décembre 2019 que le monde allait être confronté à une crise sanitaire, économique et sociale sans précédent ? Et qu’en ce début de nouvelle année, nos vies allaient devoir continuer à fonctionner en mode Covid, avec un couvre-feu et la mise sous cloche des activités économiques jugées « non essentielles », le Home Schooling en lieu et place d’une rentrée normale et son lot de mesures de soutien économiques.

 

Même s’il est difficile de prévoir comment 2021 va s’articuler, formuler des vœux cette année ne relève pas, à mon sens de ce que l’on a pu considérer par le passé comme un rituel obligé, mais cela permet justement d’en redonner un, car les souhaits des uns et des autres sont forts semblables : la disparition du virus, une bonne santé et le retour d’une certaine prévisibilité dans nos vies, que ce soit au niveau privé ou professionnel. Ainsi, formuler des vœux pour cette nouvelle année devient une manière de rapprocher les gens, même s’ils sont éloignés physiquement, et constitue un moment très fort de solidarité.

Or, c’est cet esprit de solidarité qui nous a permis de traverser jusqu’à présent l’épreuve que nous impose le coronavirus. Une très grande majorité des gens portent le masque, respectent les gestes barrières et les entreprises ont mis en place des protocoles sanitaire stricts. Et c’est justement cet esprit de solidarité qu’il ne faudra pas perdre, au moment où le vaccin nous permettra d’apercevoir la lumière au bout du tunnel.

La vaccination n’est pas seulement synonyme de perspectives pour nous tous, mais c’est aussi et surtout un préalable indispensable pour le redémarrage économique et social dont nous avons grandement besoin.

Les laboratoires, les instituts de recherche et starts up ont réalisé la prouesse de développer en un temps record l’antidote contre ce virus qui nous empoisonne la vie. Depuis, la balle est dans le camp de la politique, au niveau national pour la mise en œuvre de la logistique adaptée à chaque pays, et au niveau de l’Union européenne pour l’accréditation et la commande des vaccins.

C’est pour éviter le « chacun pour soi » dans l’acquisition du vaccin, que les Etats-membres ont mandaté la Commission Européenne de procéder aux négociations en cette matière. Il s’agit là d’un exemple concret de l’esprit et de la solidarité européenne. La beauté du geste n’est toutefois pas une raison de ne pas pouvoir s’interroger sur la raison pour laquelle les pays européens sont à la traine au niveau du nombre de personnes susceptibles d’être vaccinées dans les semaines à venir.

Savoir négocier, c’est savoir prendre des risques, certes calculés, mais à la hauteur des enjeux sanitaires, économiques et sociaux. Or, il semblerait que l’Union Européenne n’ait pas été dans cet état d’esprit.

Comment expliquer autrement le fait qu’il faille, en l’état actuel des choses, attendre jusqu’en juillet/août 2021 pour atteindre un taux de vaccination de 70%, synonyme de la fameuse « Herdenimmunität »? Autrement dit une éternité en ces temps difficiles ! Et ce alors que d’autres pays dans le monde ont été plus diligents. D’après le journal français « Les Echos » Israël a commencé l’achat de vaccins dès le mois de juin 2020 et a réussi à vacciner en 15 jours plus d’un million de personnes. Impressionnant !

Après l’effort de solidarité nécessaire dont ont fait preuve les citoyens et les entreprises, confrontés à une multitude de restrictions et contraintes en tous genres depuis dix mois, est-il déraisonnable d’exiger de la part des responsables politiques une démarche plus proactive, plus volontariste au niveau de l’accréditation et de l’achat des vaccins tout comme au niveau de la campagne de vaccination. Au Luxembourg, il est prévu de vacciner d’ici fin mars 36.000 personnes. En termes d’ambitions, c’est plus que décevant ! Mais, il n’est jamais trop tard pour bien faire et de rectifier le tir en accélérant les choses. Un vœu pieux ? J’ose espérer que non !

Ce d’autant plus qu’un retour à une nouvelle normalité ne sera bien évidemment pas la fin du périple. De nombreuses questions vont nous occuper en 2021 et bien au-delà. Comment l’économie luxembourgeoise en général et l’Artisanat en particulier se relèveront-t-ils ? Quel sera l’impact de la crise sur nos finances publiques et sur l’emploi ? Qu’avons-nous appris de cette crise économique et sanitaire ?

Sans oublier que sur le chemin de la sortie de crise, la transition énergétique, le logement, l’aménagement du territoire sont d’autres sujets à traiter. Même s’il est difficile de dire dans quel état l’Artisanat va sortir de la crise, une chose est sûre : les cheffes et chefs d’entreprises, leurs salariés, les apprentis d’aujourd’hui et de demain, vont être partie prenante dans la construction de l’avenir de notre pays.

Bonne année et bonne santé !