Participation des femmes aux conseils d’administration des entreprises : leurre ou réalité ?

Chambre des Métiers Publié le 27.06.2012

L’UEL a pris part récemment à la consultation « Gender imbalance in corporate boards in the EU » lancée par la Commission européenne afin d’évaluer si une action communautaire serait opportune en vue d’augmenter la participation des femmes dans le processus de décision économique, et plus particulièrement au sein des conseils d’administration des sociétés cotées en bourse.

Si l’UEL soutient l’idée de renforcer le rôle des femmes dans les fonctions décisionnelles des entreprises, elle estime qu’il ne serait pas opportun d’agir par voie contraignante. L’instauration de quotas par exemple serait, aux yeux de l’UEL, contreproductive. Cette approche serait peu valorisante pour les femmes puisqu’elles obtiendraient des mandats du fait de leur appartenance à la gente féminine et non pour leurs aptitudes à remplir ces fonctions. Elle conduirait également à une présence artificielle des femmes dans certaines entreprises, notamment dans des secteurs où les femmes sont actuellement peu présentes car moins intéressées par ces domaines. Que dire par ailleurs des entreprises familiales, transmises de génération en génération, qui, pour remplir des exigences de quotas, devraient s’ouvrir à des personnes externes à l’entreprise ? Sans oublier les grandes entreprises dont l’actionnariat, parfois situé à l’étranger, est souvent difficile à identifier, et auquel il faudrait en quelque sorte imposer de nommer des femmes comme membres du conseil d’administration. Dans un tel régime, la nomination de « femmes de paille » ne serait d’ailleurs pas à exclure, que du contraire.

L’UEL estime qu’il convient plutôt de privilégier une approche par voie de sensibilisation pour augmenter la participation des femmes au sein des conseils d’administration. Promouvoir l’autorégulation par les professionnels constitue à cet égard une piste intéressante. En effet, l’autorégulation, en pleine expansion actuellement au Luxembourg en matière de diversité et de mixité au travail, témoigne à la fois d’une prise de conscience des déséquilibres existants et d’une volonté de remédier à cet état des choses par les acteurs directement concernés. Une fois les entreprises sensibilisées, il leur appartient ensuite de se doter elles-mêmes, le cas échéant, d’objectifs chiffrés en prenant notamment en compte leur propre culture d’entreprise, les contraintes sectorielles et le degré de féminisation du secteur.

Les milieux économiques ont certes une part de responsabilité pour augmenter la participation des femmes aux conseils d’administration dans les entreprises et une certaine marge de manœuvre pour agir en ce sens. Ils ne disposent toutefois pas seuls des clés pour améliorer la situation actuelle. L’UEL estime qu’il est nécessaire d’agir plus en amont et de continuer à promouvoir la place des femmes dans le monde du travail en général, les femmes étant encore trop souvent victimes de préjugés ancestraux sur leur rôle dans la société ou encore de leur propre retenue en termes de revendications au niveau professionnel.

En sus des efforts à fournir pour changer les mentalités, il est essentiel de créer un environnement propice pour permettre aux femmes de prendre pleinement leur place au sein des entreprises en créant par exemple davantage de structures pour accueillir les enfants et en incitant les pères à s’impliquer davantage dans leur éducation. Seule une action globale à différents niveaux permettra aux femmes d’accéder plus facilement, mais au même titre que les hommes, aux mandats de membre de conseil d’administration des entreprises.

La position de l’UEL concernant la consultation  « Gender imbalance in corporate boards in the EU » est disponible sur le site www.uel.lu sous la rubrique « Prises de position » en date du 23 mai 2012.

UEL, le 26 juin 2012

L’UEL regroupe les organisations suivantes :
Association des Banques et Banquiers, Luxembourg • Association des Compagnies d’Assurances • Chambre de Commerce du Grand-Duché de Luxembourg • Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg • Confédération Luxembourgeoise du Commerce • Fédération des Artisans • Fedil – Business Federation Luxembourg • Fédération Nationale des Hôteliers, Restaurateurs et Cafetiers

Partager / Teilen

  Haut de page