Pot des Présidents - Prendre un nouvel élan dans une nouvelle réalité

Mon entreprise Chambre des Métiers Communiqués de presse Publié le 20.04.2022

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Mardi, le 19 avril, la Chambre des Métiers et la Fédération des Artisans ont organisé leur traditionnel Pot des Présidents afin de faire le point sur la situation économique et politique dans la perspective de l'artisanat. En raison de la pandémie, la manifestation a été décalée de trois mois.

Le président de la Chambre des Métiers, Tom Oberweis, qui s’est exprimé au nom des deux organisations artisanales, est revenu sur la pandémie qui a marqué le quotidien des individus et des entreprises au cours des deux dernières années.

Selon lui, le Luxembourg a jusqu'à présent bien su gérer la crise, ce qui est notamment dû à une bonne collaboration entre les entreprises et le monde politique. Dans ce contexte, Oberweis a salué l'engagement du gouvernement et en particulier celui du ministre des Classes Moyennes, Lex Delles, et de ses collaborateurs.

 

Les entreprises luttent actuellement contre une crise de l’inflation, une crise d’approvisionnement et une crise énergétique.

Mais cela ne doit pas masquer le fait que les entreprises sont aujourd'hui globalement affaiblies. Les effets de la pandémie se font toujours sentir, notamment sous la forme de chaînes d'approvisionnement perturbées et de hausses des prix des matériaux, des matières premières et de l'énergie.

La guerre en Ukraine rend la situation encore plus alarmante. La pandémie est une parenthèse dans l'histoire avec un début et une fin. La guerre en Europe a une autre qualité et entraînera des répercussions que nous ne pouvons pas encore saisir pour le moment, poursuit Oberweis.

Le Luxembourg est l'un des gagnants de la mondialisation. Un retour à des zones d'influence régionales exposerait le modèle économique luxembourgeois, qui repose sur le libre-échange de biens, de services et de flux financiers, à des risques.

L'inflation élevée pose également des problèmes aux entreprises, d'autant plus que l'évolution des salaires au Luxembourg est liée à l'évolution des prix du pétrole et du gaz et non pas à la productivité. Cela aurait signifié qu'en l'espace de 12 mois, 3 tranches d'indexation seraient tombées. Cela aurait constitué une charge insupportable pour les petites et moyennes entreprises et aurait envoyé un mauvais signal aux investisseurs étrangers et aux maisons mères qui, au vu de la situation politique et économique, sont en train de reconsidérer leur politique d'implantation.

Dans ce contexte, l’artisanat peut saluer la décision de la tripartite d’espacer les tranches indiciaires de 12 mois. Les tranches d'indexation doivent certes être versées, ce qui mettra encore davantage de pression sur les entreprises, mais la limitation à une tranche d'indexation par an apporte au moins une certaine sécurité de planification.

Oberweis regrette que le Luxembourg, comme site économique, évolue négativement depuis des années. Dans les classements de compétitivité, le Luxembourg perd continuellement des places, alors que nous continuons à occuper le haut du pavé en matière de niveau de salaire et de prestations sociales.

Sans une économie compétitive, sans investissements, sans innovations, la prospérité du Luxembourg diminuera dans les années à venir.

Le Luxembourg est confronté à plusieurs défis. C'est justement en raison de ces circonstances difficiles que le moment est venu de prendre un nouvel élan dans une nouvelle réalité.

 

Le Luxembourg a un défi économique à relever :

Le fait que nous puissions payer les salaires les plus élevés au Luxembourg et que nous ayons le système social le plus généreux n'est pas seulement une question de politique sociale ou de débat sur l'équité, mais avant tout une question de compétitivité du site luxembourgeois dans un environnement de plus en plus concurrentiel.

Jusqu'à présent, le Luxembourg n'a pas réussi à mener un débat ouvert sur la productivité et la compétitivité. Les syndicats ne veulent pas, les politiques n'osent pas, donc le sujet est classé, selon Oberweis.

Nous avons pourtant besoin d'un débat sérieux au Luxembourg sur ce que nous voulons en tant que société et surtout sur ce qu'il faut faire pour assurer la base financière nécessaire à cet effet.

 

Le Luxembourg a un défi à relever en matière d'énergie :

L'abandon des combustibles fossiles n'est pas seulement une question de protection du climat, mais également une question de sécurité nationale et de compétitivité des entreprises. L'artisanat joue un rôle central dans la transition énergétique. Depuis des années, les entreprises investissent massivement dans les compétences de leurs salariés. Le soutien aux entreprises dans le cadre de la transition énergétique doit désormais figurer en tête de liste des priorités.

 

Enfin, nous avons un défi social à relever : 

Le Luxembourg a le système social le plus généreux au monde. Nous devrions en être fiers. Pour préserver ce système, il faut arrêter de faire de la politique avec le social et mener une vraie politique sociale, où il s'agit de soutenir davantage les plus faibles dans la société, que ce n'est le cas aujourd'hui, et d'arrêter la politique de l'arrosoir. 

Pour finir, M. Oberweis a évoqué la politique du logement, qui préoccupe une majorité de gens et d'entreprises. L'explosion des prix de l'immobilier est un problème majeur pour les ménages et les entreprises, qui ne peut pas être résolu par les salaires.

Une amélioration ne peut être obtenue que par une dynamisation de l'offre, mais ici la volonté politique fait manifestement défaut.

Le Luxembourg a déjà prouvé à plusieurs reprises que nous pouvons être innovants et agiles en période difficile. Tom Oberweis a invité les responsables politiques présents à en tenir compte lors de l'élaboration de leurs programmes électoraux. Il est en effet temps d'oser un nouvel élan dans une nouvelle réalité.

Cette année, le don de 5.000 euros sera versé à Passerell asbl, qui accompagne les réfugiés dans leur intégration