La guerre en Ukraine exerce sans surprise un effet négatif sur l’indicateur d’activité de l’Artisanat. Dans un contexte plus général, les entreprises artisanales naviguent dans des eaux troubles : tendances inflationnistes liées à la hausse des prix des matériaux, des produits énergétiques et des dépenses de personnel, pénuries de matériaux, impact de la pandémie et manque de main-d’œuvre. Toutes ces incertitudes pèsent évidemment sur les perspectives économiques.
Les résultats de l’enquête de conjoncture de la Chambre des Métiers montrent, qu’en raison de la guerre en Ukraine, l’indicateur d’activité a perdu des plumes au 1er trimestre 2022. Face aux évolutions économiques imprévisibles, les entreprises manquent d’une sécurité de planification suffisante, ce qui conduit, à son tour, à des attentes mitigées pour les mois à venir. Il faut noter qu’après deux ans de pandémie, les réserves financières de nombreuses entreprises artisanales sont épuisées et il reste peu de marge de manœuvre pour atténuer de nouvelles difficultés financières.
Les tendances inflationnistes gênent les entreprises sur plusieurs plans
Dans un contexte inflationniste qui devrait encore perdurer, les entreprises se sentent prises entre le marteau et l'enclume, alors qu'elles sont directement affectées par la hausse des prix de leurs intrants et indirectement par la pression que l'inflation et la pénurie de main-d’œuvre exerce sur les frais de personnel. Les mesures décidées et consignées dans l’accord dit « tripartite » poursuivent, entre autres, l’objectif de soutenir les entreprises en cette situation difficile, avec notamment la modulation de l’index. La guerre en Ukraine et les confinements en Asie intensifient la pénurie de certains matériaux. Dans certains cas, ceci a entraîné une envolée des coûts, de même qu’une volatilité importante des prix, difficilement gérables pour les entreprises, en ce sens que l’établissement d’un devis constitue désormais un exercice périlleux.
A cause d’une trésorerie encore fragilisée par la pandémie et de réserves financières largement épuisées, les entreprises artisanales se trouvent dans l’impossibilité de répercuter l’entièreté des augmentations des coûts sur leurs marges. Tôt ou tard, elles sont obligées de revoir à la hausse leurs prix de vente face à cette flambée des coûts. Au cours du 1er trimestre 2022, 51% des entreprises ont indiqué avoir augmenté leurs prix de vente. 64% des entreprises prévoient de réviser leurs prix à la hausse au 2e trimestre.
La pandémie COVID-19 a toujours des effets défavorables sur l’Artisanat
Il ne faut pas oublier que la pandémie COVID-19 n'est pas encore terminée. De nombreuses entreprises doivent toujours faire face à des absences de personnel y liées, aggravant encore la situation tendue résultant de la pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans l'Artisanat. Une récente augmentation des cas d’infections en Asie, notamment en Chine, a provoqué un confinement et une fermeture partielle de ports maritimes, avec, dans son sillage, de nouvelles perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales.
La pénurie de main-d’œuvre s’intensifie
La pénurie de main-d’œuvre qualifiée, un phénomène déjà observé avant la pandémie, s’est accentuée avec celle-ci. Le pourcentage d’entreprises déclarant que l’activité est gênée par ce manque de personnel avait fortement diminué au début de la crise du COVID-19. Or, ces derniers trimestres, la pénurie s’est de nouveau intensifiée. Sur les trois derniers mois de l’année 2021, près d’un tiers des entreprises indiquent que le manque de main-d’œuvre (qualifiée) entrave l’activité. Au début de l’année 2022, ce taux diminue légèrement tout en restant élevé (27%). Affichant un taux de 31%, le secteur de la construction semble être le plus touché par cette problématique.
Les incertitudes générales se reflètent au niveau des marchés publics
Même si la pénurie de matériaux touche actuellement tous les secteurs de l’Artisanat, les répercussions peuvent menacer la pérennité de certaines entreprises de construction. C’est notamment le cas lorsque les engagements pris dans un marché public lors de la remise de l’offre ne sont plus tenables par l’entreprise ayant remporté le marché à cause des hausses extraordinaires des prix de certains matériaux. Afin d’assurer la continuité des travaux publics et d’éviter de mettre en danger la survie des entreprises, le Gouvernement a sensibilisé les pouvoirs adjudicateurs en publiant la communication du 31 mars 2022 qui prévoit la possibilité exceptionnelle et temporaire de procéder à une modification du marché pour tenir compte des évolutions mentionnées ci-avant. Dans ce document, il est aussi recommandé aux pouvoirs adjudicateurs de ne pas appliquer des pénalités de retard au cas où ce dernier était imprévisible.
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Hanna MEYER
Directrice Communication, Marketing et Relations publiques
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