La Propriété Intellectuelle en pratique - 1ère partie

Mon entreprise Publié le 17.09.2019
© Le Photobooth (www.photobooth.lu). Les designers de la montre LOXO, Aude Legrand et Julie Conrad, avec leurs client Georges Weyer. © Le Photobooth (www.photobooth.lu). Les designers de la montre LOXO, Aude Legrand et Julie Conrad, avec leurs client Georges Weyer.

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Les «Afterworks de la Propriété Intellectuelle» se dérouleront cet automne pour la quatrième édition. Ils visent à sensibiliser les PME luxembourgeoises sur les opportunités offertes par les droits de propriété intellectuelle afin de les appliquer de façon stratégique dans l’entreprise.


Mais qu'est-ce la propriété intellectuelle exactement ?
Que se cache-t-il derrière ce terme ? En quoi cela nous concerne ?
Comment en tirer profit ?

Qui pourrait l’expliquer mieux que les entrepreneurs qui partagent leur expérience en la matière ?

Nous avons rendu visite à quatre dirigeants de secteurs différents pour en discuter. Ils ont intégré la propriété intellectuelle dans leur stratégie d’entreprise.

 

Première partie - Julie Conrad, Julie Conrad Design Studio

« Faire confiance aux créateurs »

Depuis 2012, Julie Conrad développe son approche du design avec des solutions innovantes et durables, en faisant le pont entre l’Artisanat et le produit industriel. Dans son studio de design à Bonnevoie, fondé il y a 5 ans, elle conçoit des objets ou du mobilier dans un esprit écodesign en favorisant les savoir-faire locaux et mène également des projets de design graphique. Connue pour ses collections Unpaper, Dono et CarryMe, elle a récemment contribué à la création des montres LOXO, la première montre 100 % designed au Luxembourg. 

 

Julie, à quel moment avez-vous décidé de protéger vos créations par le design ?

Pendant mes études, on parlait peu de propriété intellectuelle, il n’y avait pas de cours dédié. C’est seulement à la fin de mes études, lors de la présentation de mon Master, que les membres du jury m’ont incité à protéger mes créations. C’était une véritable prise de conscience. Auparavant, je ne pensais pas que ce que je créais pouvait être protégé.

 

Où avez-vous trouvé une aide ou des conseils pour la propriété intellectuelle ?

Pour être honnête, je ne me souviens pas exactement comment ça s'est passé. Je pense que mes collègues ont attiré mon attention sur les initiatives de l’IPIL. Ils étaient confrontés à des problèmes similaires et travaillaient sur le sujet depuis un certain temps déjà.

J’ai ensuite contacté l’IPIL et j’ai participé à des ateliers et à des conférences. J’invite depuis également mes contacts à consulter les experts de l’IPIL pour toute question en matière de propriété intellectuelle.

Il est important de se former seul, mais aussi de faire appel à un conseil en propriété industrielle.

 

Comment gérez-vous les aspects de la propriété intellectuelle lors de vos relations d’affaires ?

Les jeunes créateurs, qui n'ont pas encore réussi à s'imposer sur le marché, n’osent souvent pas négocier les contrats. Or, même si vous êtes très jeune, vous ne devez pas vous sous-estimer. Vous devez connaître et défendre la valeur de votre travail.

La propriété intellectuelle permet de faire valoriser vos créations. Je commence à devenir plus rigoureuse sur ce sujet, et avec l’expérience, on parle assez rapidement de propriété intellectuelle et de royalties avec le client.

En matière de protection du design par le droit des dessins et modèles, le nom du designer est mentionné, ce qui est valorisant pour le travail fourni par le designer et contribue à la prise de conscience de ce travail par le client. Avec les montres LOXO par exemple, nous avons négocié tout de suite des royalties sur les ventes. Cela change la manière de travailler sur le projet, il y a un investissement en communication supplémentaire de la part du designer, qui travaille ainsi dans une relation de confiance avec son client. Il faut également que le designer cesse d’avoir une vision par projet, il faut plutôt y voir une relation avec le client, une relation peut-être à long terme.

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes créateurs ?

En matière de propriété intellectuelle, il faut s’y intéresser, ne pas avoir peur de poser des questions. Les droits sont là pour eux, ils existent pour les protéger.

 

Cet interview est le premier d'une série de 4 interviews. Le prochain sera publié le 26 septembre. 

Les interviews ont été publiés en langue française dans le magazine d’Handwierk Sept 2019 et ont été menées par Xavier Delecroix (IPIL) et Elke Hartmann (CDM) . 

 

Les „Afterworks de la Propriété Intellectuelle“ auront lieu les 10, 16 et 23 octobre 2019 .

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