Contenu actualisé le 15.06.2018

INDEX

Chiffres et statistiques

chiffres clés

L'Artisanat en chiffres

L’artisanat est un secteur de l'économie luxembourgeoise qui ne peut être négligé: avec environ 7.300 entreprises recensées en 2017, ce secteur offre des emplois à quelque 91.500 personnes et forme ainsi le premier employeur du Grand-Duché. Par ailleurs, l’Artisanat est la première entreprise formatrice avec plus de 1.700 apprentis.

Par rapport à l’économie dans son ensemble, l’artisanat représente:

Economie artisanat  

 


Artisanat : créateur d'entreprises et d'emplois 

Hausse du nombre d'entreprises et d'emplois

L’évolution du nombre d’entreprises artisanales se décline en deux phases.

Dans la première phase, le nombre d’entreprises recule progressivement pour passer d’environ 5.000 à quelque 3.700 entités entre 1970 et 1990. Or, du fait que l’emploi dans l’Artisanat augmente en parallèle, la taille moyenne des entreprises affiche dès lors une hausse importante.

En revanche, la deuxième phase, qui s’étend du début des années 90 à nos jours, se caractérise par une augmentation constante du nombre de structures artisanales. En effet, c’est avant tout l’adaptation régulière du droit d’établissement, combinée à un environnement économique favorable, qui a contribué à ce que le nombre d’entreprises soit en hausse au courant de cette seconde phase. En 2017, l’Artisanat compte 7.303 entreprises.

Par ailleurs, l’emploi connaît, sur presque l’ensemble de la période de référence 1970-2017, une évolution positive. En dépit des crises économiques, l’Artisanat n’a pas cessé de créer des emplois, même si la progression a connu un ralentissement pendant les années difficiles. Si l’Artisanat occupe en 1970 quelque 25.000 personnes, il en emploie en 2017 91.563.

Dans ce contexte, il est à noter que l’Artisanat a bénéficié de plusieurs évolutions favorables qui peuvent expliquer cette création d’emplois notable : d’une part, l’augmentation progressive de la population qui a mené à un accroissement du nombre de clients potentiels ; d’autre part, une demande croissante émanant d’autres secteurs, comme le secteur financier et l’industrie et, enfin, la hausse ou du moins le maintien à un niveau élevé des investissements publics.

L’Artisanat joue donc un rôle important dans la lutte contre le chômage, en ce qu’il crée d’une part, un nombre important d’emplois stables et offre, d’autre part, également des débouchés aux personnes moins qualifiées.


L’Artisanat : vecteur d’intégration

L’artisanat dépend de plus en plus de la main-d’oeuvre frontalière

Les statistiques relatives à l’origine des salariés occupés dans l’Artisanat révèlent que la part des frontaliers passe de 27% en 1990 à 50% en 2017.D’ores et déjà, un salarié sur deux ne réside pas au Luxembourg, mais en France, en Allemagne ou en Belgique. Au total, cette catégorie de salariés compte quelque 42.500 personnes.

En outre, la part des résidents étrangers diminue de 47 % à 36 % sur la période 1990-2017 face à l’explosion du nombre de travailleurs frontaliers. En chiffres absolus, ce groupe de salariés représente actuellement plus de 30.000 personnes.

Si la part des Luxembourgeois dans l’ensemble des salariés diminue de 26 % à 14 % au fil du temps, leur nombre reste cependant stable en chiffres absolus. Quelque 12.000 nationaux gagnent leur vie dans l’Artisanat. Sur le long terme, il est également à noter que le poids des salariés portugais est en retrait au profit de ceux de nationalité française et allemande.

Les chiffres commentés ci-dessus montrent donc clairement que le secteur artisanal souffre d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Face à la très importante hausse de l’emploi de la dernière décennie, l’écart entre la demande de salariés et l’offre de main d’œuvre issue du système éducatif luxembourgeois s’est accru : le nombre d’apprentis et de détenteurs du Brevet de Maîtrise ne suit pas la demande. Dans ce contexte, il est important de noter que la majorité des salariés de l’Artisanat n’est pas passée par le système éducatif national, soit parce qu’ils sont des travailleurs frontaliers, soit parce qu’ils sont des travailleurs immigrés résidents qui n’ont pas forcément passé leur scolarité au Luxembourg.


Statut juridique: Les S.à r.l. de plus en plus prisées

sarl plus prisees

La part des entreprises individuelles se stabilise après une forte diminution

Entre 1970 et 2017, le statut juridique prédominant dans l’Artisanat subit des mutations profondes. Si par le passé, 9 entités sur 10 étaient des entreprises individuelles, actuellement seulement 1 entreprise sur 4 revêt ce statut. Sur les dernières années, la part des entreprises individuelles a cependant tendance à se stabiliser.

Parallèlement, on assiste à l’essor des sociétés de capitaux, surtout au cours des années 90 et 2000. C’est la forme juridique de la société à responsabilité limitée, « S.A R.L. », qui est la plus prisée, alors qu’elle est particulièrement bien adaptée à des entreprises de taille plutôt réduite. En 2017, 60 % du total des entreprises revêt ce statut. Cependant, la société anonyme, « S.A. » connaît également un succès croissant, bien qu’il soit beaucoup moins prononcé que pour les S.A R.L. Ceci tient au fait que la S.A. requiert une gestion administrative plus poussée, notamment en termes de contrôle financier, ce qui rend cette forme juridique plus onéreuse, particulièrement pour les PME. En 2017, 15 % du total des entreprises revêt le statut de S.A.

Quelles raisons poussent les chefs d’entreprises à préférer le statut de société de capitaux par rapport à celui d’entreprise individuelle ?

D’après la Chambre des Métiers, le principal facteur explicatif est à chercher dans la limitation du risque financier, qui, dans le cas des S.A. et S.À R.L., est en principe limité à l’apport en capital ou en nature. En effet, lors des dernières décennies, le contexte économique a fondamentalement changé, en ce sens que la globalisation et le processus d’intégration européen ont conduit à une intensification de la concurrence, tant au niveau national que sur le plan international.

Une autre raison expliquant le recours accru aux sociétés de capitaux est le niveau d’investissement croissant des entreprises artisanales. Un besoin en capital accru oblige souvent plusieurs associés à joindre leurs ressources financières pour créer ou reprendre une entreprise. On constate que les fonds nécessaires pour exercer certaines activités artisanales ne peuvent plus être mis à disposition par une personne individuelle.


Artisanat: Stabilisation de la taille des entreprises artisanales

Stabilisation de la taille des entreprises artisanales et essor des entreprises sans salariés

La catégorie des « micro » entreprises, employant entre 0 et 9 salaries représente avec 76 % une grande majorité des entreprises artisanales – une tendance qui reste assez stable ces dernières années. Dans une première phase, la part des entités n’occupant pas de salariés recule de 39 % en 1980 à 29 % en 2000. Sur les dernières années, on constate cependant une importance accrue de ce type de structure, qui voit sa part remonter à 35 % en 2017. Une explication de ce phénomène est notamment la dernière réforme du droit d’établissement, qui permet de combiner une occupation salariale avec une activité en tant qu’indépendant dans l’Artisanat, constellation impossible avant 2011. Imputable au caractère « accessoire » de cette activité artisanale, ces indépendants n’occupent pas de salariés. Parallèlement, la part des entreprises employant entre 1 et 9 collaborateurs se rétrécit de 49 % à 41 % entre 1980 et 2017.

D’un autre côté, les « petites » entités qui occupent 10 à 49 salaries gagnent en importance avec une part qui double pratiquement pour passer de 10 % à 19 %. Une évolution analogue peut être observée pour les structures employant plus de 50 collaborateurs qui voient leur nombre augmenter de 134 entreprises en 1980 (2 % de l’ensemble des entreprises) à 290 en 2017 (4 %).

Si les causes sous-jacentes à ces évolutions ne sont pas évidentes, il existe pourtant un certain nombre de facteurs explicatifs possibles.

Pour le groupe de l’alimentation, on constate une tendance à la concentration qui peut être liée au fait que les entreprises relevant de ce secteur sont obligées d’augmenter leur volume de production pour atteindre une masse critique qui permette de compenser la détérioration de la rentabilité.

Au niveau de la construction, il est à observer que les entreprises couvrent une palette de plus en plus large d’activités pour répondre à la demande de la clientèle, désireuse de réduire au strict minimum le nombre d’intervenants nécessaires pour l’exécution de travaux spécifiques.

Ces deux tendances font que les entreprises prises individuellement requièrent une main-d’œuvre plus importante, et ce, d’autant plus que les gains de productivité consistant à substituer le capital au travail sont limités dans l’Artisanat.

Le nouvel « essor » des entreprises sans salaries s’explique notamment par une création importante de nouvelles entités dans des métiers de prestations de services à la personne, par exemple celui de pédicure ou de manucure-maquilleur. Ces créateurs sont souvent des femmes exerçant cette activité « à temps partiel », ce qui leur permet de mieux concilier leur vie professionnelle avec leur vie familiale.


Évolution conjoncturelle positive

L’activité de l'Artisanat suit celle du PIB

La Chambre des Métiers réalise tous les trois mois une enquête conjoncturelle auprès de ses ressortissants. L’un des principaux indicateurs est le niveau d’activité qui permet de situer la marche des affaires. L’Artisanat a connu avant 2008 une période de forte activité. Avec le début de la crise économique la situation s’est toutefois détériorée de façon notable, le creux de la vague ayant été atteint au 4e trimestre 2009. Depuis la fin de l’année 2009, l’activité a enregistré une légère reprise. Toutefois, cette hausse n’était pas appelée à durer, alors qu’à partir du début de l’année 2012 l’activité a accusé de nouveau un recul qui a perduré jusqu’à la fin de l’année 2013. Depuis, l’activité a cependant de nouveau augmenté. Il a fallu attendre le 2e trimestre 2017 pour que l’indicateur de l’activité atteigne le niveau de 2007. Il faut toutefois souligner que les résultats de l’Artisanat sont avant tout influencés par ceux de la construction qui constitue de loin le secteur le plus important dans la population des entreprises artisanales.

Une analyse à plus long terme montre que les métiers de la mode, santé & hygiène, mais avant tout ceux de l’alimentation, subissent moins les aléas conjoncturels que les autres groupes. La construction quant à elle suit avec un certain décalage l’évolution de l’économie nationale telle qu’elle se traduit à travers celle du PIB. Le secteur de la mécanique, qui a ressenti de manière aiguë les répercussions de la crise, s’est rétabli depuis l’année 2016, l’activité affichant une hausse importante.

Finalement l’activité des imprimeries se situe à un niveau particulièrement bas, surtout sous l’effet de défis structurels de taille.


L'Artisanat a un taux de survie élevé

taux de survie

Les entreprises artisanales nouvellement créées sont solides en comparaison avec d’autres secteurs

Le taux de survie représente le pourcentage d’entreprises qui sont encore en vie 5 ans après leur création. Pour les entreprises artisanales qui se sont constituées en 2012, il se situe à 67 % ; en d’autres termes, deux tiers des entités créées en 2012 sont toujours actives en 2017 et ceci malgré le fait que l’économie ne s’était pas encore complètement rétablie de la crise économique. Au moment de la création, ces entreprises occupent en moyenne 2 personnes, la taille moyenne s’élevant à 5 personnes après 5 ans d’activité.

Le taux de survie des entreprises artisanales créées en 2010 s’établit à 57 % après 5 ans. Il faut noter que ce taux se situe largement en-dessous de la moyenne décennale, qui s’établit à 66 % pour les entreprises artisanales après 5 ans d’activité. Par ailleurs, pour l’économie en général, le taux de survie des entreprises créées en 2010 est de 55 % après 5 ans[1].

Une raison susceptible d’expliquer que les entreprises artisanales s’avèrent être plus solides que les entreprises d’autres secteurs économiques est que les exigences de qualification pour s’établir dans l’Artisanat sont assez exigeantes. Ainsi, le droit d’établissement requiert un certain niveau de qualification pour la création ou la reprise d’une entreprise artisanale. Malgré une récente dose de libéralisation de ces dispositions, les exigences en matière de qualification restent importantes : pour pouvoir exercer une activité de la liste A (voir pages 4 à 9 de la brochure «chiffres-clés de l'Artisanat 2017»), le créateur ou repreneur doit être détenteur d’un Brevet de Maîtrise ou d’un diplôme considéré comme équivalent, alors que l’exercice des activités de la liste B est subordonné soit à une qualification de niveau CATP/DAP soit à une expérience professionnelle.

 

[1] Chiffres les plus récents, publiés par le STATEC.

La transmission d'entreprises

transmission

La transmission d'entreprises, un vecteur pour assurer la pérennité de l'Artisanat

La régénération du tissu économique constitue un sujet essentiel pour l’Artisanat. En effet, c’est à travers la création d’entreprises nouvelles et la transmission/reprise d’entreprises existantes qu’il pourra à terme assurer sa pérennité.

Les analyses de la Chambre des Métiers montrent qu’en 2017, il y a 1.191 gérants potentiellement à la recherche d’un repreneur. Ayant atteint un âge de 60 ans ou plus, ces gérants sont susceptibles d’entamer la recherche d’un successeur et de préparer l’entreprise ainsi que ses salariés et le repreneur potentiel afin de passer l’entreprise entre de bonnes mains.

La reprise d’une entreprise artisanale offre de belles perspectives d’avenir aux suc-cesseurs, alors que, contrairement à une création d’une entité nouvelle, l’établissement en activité jouit d’une certaine renommée; en plus il dispose d’ores et déjà de sa clientèle et de son réseau de fournisseurs.

Assurer la continuité des PME artisanales, permettra d’assurer le savoir artisanal ainsi que les emplois y liés.

Afin de mettre en contact les cédants et les repreneurs potentiels, en toute discré-tion, la Chambre des Métiers a mis en place une bourse d’entreprises. Plus d’informations dans la rubrique Bourse d'entreprises.

La formation dans l'Artisanat

L'apprentissage en bonne santé

Le nombre d’apprentis enregistre une hausse pour passer de 1.335 en 1990 à 1.738 personnes en 2017. En raison des réformes engagées et des mesures de promotion de la Chambre des Métiers et de la Chambre des Salariés, il y a du potentiel pour franchir à terme le cap des 2.000 apprentis.

L’apprentissage est une formation solide. Le secteur de l’Artisanat offre aux jeunes une grande variété de métiers et des perspectives professionnelles intéressantes. Ainsi, il est important de souligner qu’un apprentissage artisanal constitue le meilleur vaccin contre le chômage. En effet, environ 90 % des jeunes qui ont accompli leur apprentissage dans l’Artisanat trouvent un emploi ou poursuivent leur formation, 70 % trouvent leur premier emploi chez leur patron formateur.

Une redynamisation du Brevet de Maîtrise par une restructuration en profondeur

En raison d’une concurrence accrue de diplômes étrangers, des évolutions économiques et technologiques, la Chambre des Métiers ensemble avec le Ministère de l’Education Nationale, a lancé les travaux de restructuration du Brevet de Maitrise, qui vont se traduire par une logique de brevet par domaine d’activités à la place de la logique actuelle de brevets par métiers.

Le premier nouveau brevet  « Artisan en Alimentation » qui remplace les brevets boucher, traiteur, boulanger-pâtissier est offert depuis la rentrée 2017/2018 et s’est traduit par une augmentation des inscriptions de 80 %. Ceci montre que le concept du nouveau brevet va redynamiser cette formation de référence dans l’Artisanat.

En ce qui concerne les réussites à l’examen du Brevet de Maîtrise, on constate une évolution à la baisse au cours des années 90 et de la première décennie du millénaire. Sur un passé récent, leur nombre augmente de nouveau. La hausse des inscriptions au niveau de la formation continue reflète d’une part la tendance à la hausse de l’emploi de l’Artisanat – avec en parallèle une augmentation des personnes susceptibles de suivre une formation – et d’autre part un certain nombre d’exigences légales et réglementaires, par exemple dans le domaine de la santé et de la sécurité des travailleurs, obligeant les chefs d’entreprises à former leur personnel. En 2016, le nombre de participants à une formation subit toutefois une baisse par rapport à 2010.

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Philippe Maroldt, tél.: 42 67 67 - 260,
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