Chiffres et statistiques (2020)

cdm

L'Artisanat en chiffres

L’Artisanat est un secteur de l'économie luxembourgeoise qui ne peut être négligé : avec environ 8.000 entreprises recensées en 2020, ce secteur offre des emplois à près de 100.000 personnes et forme ainsi le premier employeur du Grand-Duché. Par ailleurs, l’Artisanat est la première entreprise formatrice avec plus de 1.813 apprentis.

Par rapport à l’économie dans son ensemble, l’artisanat représente :

L’artisanat : créateur d’entreprises et d’emplois

Depuis les années 90, le nombre d’entreprises artisanales augmente constamment. En 2020, l’Artisanat compte plus de 8.000 entreprises, soit une progression de 253 unités ou de 3%. Impacté par la crise du COVID-19, la hausse est ralentie en 2020 par rapport à 2019, année lors de laquelle le nombre d’entreprises augmentait de 319 unités.

Cette création nette d’entreprises cache toutefois une grande partie de la réalité comme elle est le résultat de 608 créations et de 355 radiations d’entreprises au cours de l’année 2020. Si l’Artisanat occupait en 1970 quelque 25.000 personnes, il en emploie presque 100.000 en 2020, soit une hausse annuelle de 2,8% en moyenne. Il en résulte une augmentation de la taille moyenne des entreprises de 5 personnes en 1970 à 12 en 2020.

Or, malgré la crise sanitaire qui frappe de plein fouet la majorité des entreprises artisanales depuis mars 2020, l’Artisanat a même réussi à augmenter son emploi. Il faut cependant noter que le programme de relance du Gouvernement luxembourgeois y a joué un rôle non-négligeable, notamment grâce au chômage partiel qui a pu sauver un grand nombre de postes de travail. Par ailleurs, les chiffres publiés dans cette brochure datent de juillet 2020 et ne montrent de toute évidence pas l’impact global de la crise COVID-19 sur le secteur artisanal en 2020.


Qui plus est, la construction qui occupe un poids très important dans l’Artisanat peut masquer des évolutions divergentes au niveau des différents clusters artisanaux.

Sur base des données de l’Inspection générale de la sécurité sociale, la Chambre des Métiers dispose d’une vue globale de l’emploi jusqu’en septembre 2020. Ainsi, il semble que notamment le secteur de la construction a pu augmenter son emploi entre septembre 2019 et septembre 2020. En revanche, la maind’oeuvre des clusters de l’alimentation, de la mode, de la communication et des métiers de l’art diminue entre 4% et 7% sur les douze mois d’avant.

Cependant à moyen terme, l’Artisanat devrait faire preuve de résilience et ce en raison de plusieurs facteurs favorisant une relance rapide : l’augmentation progressive de la population, et donc du nombre de clients potentiels ; une demande continue émanant d’autres secteurs, comme le secteur financier et l’industrie et enfin, la hausse ou du moins le maintien à un niveau élevé des investissements publics.

Même pendant cette crise sanitaire, l’Artisanat joue donc un rôle important dans la lutte contre le chômage, en ce qu’il continue de créer des emplois stables.

 

Renouvellement du tissu économique

La régénération du tissu économique constitue un sujet essentiel pour l’Artisanat. En effet, c’est à travers la création d’entreprises nouvelles et la transmission/ reprise d’entreprises existantes qu’il pourra à terme assurer sa pérennité.

En effet, l’augmentation nette de 253 entreprises entre 2019 et 2020 résulte du différentiel entre 608 créations d’entreprises et 355 radiations au cours de l’année 2020.

 

Flux des salariés em 2020

 

Le premier constat qu’on peut tirer de cette statistique sont les mouvements importants dans les deux sens : l’augmentation nette de 1.719 salariés en 2020 résulte en effet de 29.337 recrutements et de 27.618 fins de contrats. Ainsi, presqu’un tiers des contrats est renouvelé au cours d’une année. Ce taux s’élève à 25% pour l’économie en général.


En revanche, ce flux de main-d’oeuvre n’a pas été épargné de l’impact de la crise sanitaire. En 2020, les recrutements atteignent seulement 93% du niveau de 2019. En considérant les mois de mars à septembre 2020, ils tombent à 82% de ceux enregistrés à la même période en 2019.


Or, la crise a également eu un effet modérateur sur les fins de contrats. En effet, il y en a eu 4% de moins pendant la période allant de juillet 2019 à juillet 2020 que sur les 12 mois précédents. En considérant la période de mars à septembre 2020, les fins de contrats étaient de 15% inférieures à celles de la même période en 2019.


Ce ralentissement de contrats qui se sont terminés n’a cependant pas eu d’impact sur les départs en retraite. Les données montrent qu’en 2020, 1.420 salariés se sont vu octroyer leur retraite. Un nombre qui n’a guère changé par rapport à l’année 2019. Pendant les mois de mars à septembre 2020 cependant, le nombre de départs à la retraite a même été plus élevé que pendant la même période de 2019.

Évolution conjoncturelle

La Chambre des Métiers réalise tous les trois mois une enquête conjoncturelle auprès de ses ressortissants. L’un des principaux indicateurs est le niveau d’activité qui permet d’évaluer la situation conjoncturelle.

Depuis 2013, l’activité de l’Artisanat a progressivement augmenté et s’est donc graduellement remise de la crise de 2008. Avec le début de la crise sanitaire du COVID-19, la situation s’est toutefois détériorée de façon notable. Au 2e trimestre 2020, l’indicateur de l’activité a enregistré la chute la plus abrupte jamais observée depuis le lancement de l’enquête en 1986. Après de nouvelles baisses au 3e et 4e trimestre, il s’établit presqu’à son niveau le plus bas atteint lors de la crise financière de 2008.


Les prévisions pour le début de l’année 2021 montrent l’incertitude qui règne auprès des patrons quant à une perspective de sortie de crise. Ce climat d’insécurité lié à la situation de crise risque de conduire au report ou à l’annulation des investissements à réaliser par les entreprises, une décision qui devrait contribuer à une perturbation (décalage) supplémentaire de la relance économique. Les résultats de l’enquête font état de ce constat.

L’indicateur d’activité de l’Artisanat, dans lequel la construction occupe un poids très important, peut masquer des évolutions divergentes au niveau des différents groupes de métiers de l’Artisanat. Or, les mesures sanitaires qui ont été décidées par le Gouvernement ont eu des impacts différents sur ceux-ci.

 

Il faut souligner que tous les secteurs artisanaux ont été impactés négativement par la crise sanitaire, mais ce sont les groupes de la « Mode, Santé et Hygiène » (MSH), de l’ « Alimentation » et de la « Communication » qui semblent éprouver le plus de difficultés pour remonter la pente.

L’indicateur d’activité de l’alimentation est à son plus bas niveau jamais enregistré. Cette situation catastrophique et le manque de perspectives en résultant est lié à la fermeture des salons de consommation, la disparition de « l’événementiel » et donc du service « traiteur » et les effets négatifs qu’exerce le recours au télétravail sur la demande.

Pour la branche MSH, l’indicateur d’activité est sur l’ensemble de l’année 2020 en chute libre. Les raisons sont à rechercher dans l’effet du « lockdown » décrété par le Gouvernement et la perte de rendement en raison de la limitation du nombre maximal de clients pouvant être accueillis.

Concernant la « Communication », outre les répercussions défavorables de la pandémie sur la demande, la branche est confrontée depuis des années à des difficultés structurelles liées à la digitalisation progressive de la société.

Dans le secteur de la mécanique, il faut souligner la baisse importante des nouvelles immatriculations de voitures particulières qui est sans aucun doute le reflet de l’incertitude des clients (potentiels) en temps de crise. Il ressort de l’enquête que l‘activité de la construction est gênée par la mise en quarantaine, la maladie et l’isolement des salariés infectés par le virus, de même que par la perte de productivité estimée à 10%, générée par l’implémentation des mesures sanitaires.

 

L'Artisanat dépend de plus en plus de la main-d'oeuvre frontalière

Les statistiques relatives à l’origine des salariés occupés dans l’Artisanat révèlent que la part des frontaliers passe de 27% en 1990 à 53% en 2020. Désormais, plus d’un salarié sur deux ne réside pas au Luxembourg. Parmi ceux-ci, 51% habitent la France, 28% l’Allemagne et 21% des frontaliers résident en Belgique. Quant à leur nationalité, 40% ont la nationalité française, 23% sont allemands, 15% belges, 10% portugais et 4% des frontaliers sont luxembourgeois.

En outre, la part des résidents étrangers diminue de 47% à 34% sur la période 1990-2020 face à l’explosion du nombre de travailleurs frontaliers.

Si la part des Luxembourgeois dans l’ensemble des salariés diminue de 26% à 15% au fil du temps, leur nombre augmente cependant en chiffres absolus.

Ces statistiques montrent d’un côté que le marché du travail luxembourgeois dépend de plus en plus de la main-d’oeuvre étrangère. Ainsi, sur la toile de fond de la très importante hausse de l’emploi de la dernière décennie, l’écart entre la demande de salariés et l’offre de main-d’oeuvre résidente s’est accru.

Si le nombre de salariés résidents augmente en moyenne de 1% par an sur la période 2008-2020, celui des frontaliers croît de 3%. Face au besoin de main-d’oeuvre qualifiée, il semble que ce réservoir de candidats potentiels touche à ses limites. Pour cette raison, il faudrait faciliter les conditions d’accueil de travailleurs issus d’autres pays de l’UE ou au-delà.

D’un autre côté, la progression des frontaliers témoigne des tensions sur le marché du logement. Face à la hausse des prix au Luxembourg, de plus en plus de résidents sont obligés de chercher une habitation en-dehors des frontières. Si en 2008, environ 5% des salariés luxembourgeois travaillant dans l’Artisanat étaient frontaliers, ce taux est monté à 15% en 2020. Un taux qui s’élève désormais à plus de 8% pour l’économie en général.

Ces tensions sur le marché du logement risquent d’aggraver le manque de maind’oeuvre qualifiée comme elles portent préjudice à l’attractivité du pays. C’est la raison pour laquelle la Chambre des Métiers a élaboré un modèle destiné à stimuler la construction de logements locatifs abordables.

 

L’artisanat : vecteur d’intégration

La SÀRL : le statut juridique de référence dans l’artisanat

Entre 1970 et 2020, le statut juridique prédominant dans l’Artisanat subit de profondes mutations. Si par le passé, 9 entités sur 10 étaient des entreprises individuelles, actuellement moins d’une entreprise sur 4 revêt ce statut.

Parallèlement, on assiste encore à l’essor des sociétés de capitaux, surtout au cours des années 90 et 2000. C’est la forme juridique de la société à responsabilité limitée, « SÀRL », qui est la plus prisée, alors qu’elle est particulièrement bien adaptée à des entreprises de taille plutôt réduite.

Cependant, la société anonyme, « SA » connaît également un certain succès, bien qu’il soit beaucoup moins prononcé. Ceci tient au fait que la SA requiert une gestion administrative plus poussée, notamment en termes de contrôle financier, ce qui rend cette forme juridique plus onéreuse, particulièrement pour les PME.

Dans l’objectif de stimuler l’esprit d’entreprise, une nouvelle forme de société a été créée en 2017, la SÀRL-S, qui se caractérise par un apport en capital minimum de 1 euro. En 2020, 6% de l’ensemble des entreprises artisanales revêtent ce statut juridique.

Pour certains types d’activités, cette simplification de l’accès à la création d’entreprise peut être bénéfique. Pourtant, avec un capital social quasiment inexistant, la forme sociétaire de la
SÀRL-S n’est pas adaptée aux modèles d’affaires de la plupart des activités artisanales. Or, de plus en plus de créateurs d’entreprises optent pour cette forme de société, même si beaucoup
d’entre eux envisagent le passage à une Sàrl « ordinaire » dès qu’ils auront accumulé le capital social nécessaire.

Dans les années à venir, il convient d’analyser la viabilité de ces sociétés. Il faut noter dans ce contexte que beaucoup d’entreprises artisanales ont un besoin accru en capital pour opérer les
investissements nécessaires, obligeant souvent plusieurs associés à joindre leurs ressources financières pour créer ou reprendre une entreprise.

 

Artisanat : trois quarts des entreprises sont de taille « micro »

Artisanat : 80 % des salariés occupés par des PME

La catégorie des « micro »-entreprises, employant entre 0 et 9 salariés représente avec 77% la grande majorité des entreprises artisanales, mais en revanche seulement 13% des salariés. Or, on constate un changement au sein de cette catégorie, avec une progression de la part des entités n’employant pas de salariés, au détriment des entreprises employant de 1 à 9 collaborateurs. Ainsi, sur les dernières années, les entités sans salariés voient leur part monter de 29% en 2000 à 35% en 2020. Une explication de ce phénomène se trouve notamment dans la dernière réforme du droit d’établissement, qui permet de combiner une occupation salariale avec une activité en tant qu’indépendant dans l’Artisanat, constellation impossible avant 2011. Parallèlement, la part des entreprises employant entre 1 et 9 collaborateurs se rétrécit de 46% à 41% entre 2000 et 2020.

La catégorie des « petites » entités occupant 10 à 49 salariés représente 19% des entreprises et 34% de l’emploi.

Même si les 313 structures employant entre 50 et 249 collaborateurs représentent seulement 4% de l’ensemble des entreprises artisanales, elles emploient avec 32% des salariés, presque autant que les 1.499 petites entreprises.

Les PME(2) représentent 99,5 % des entreprises et 8 salariés sur 10 dans l’Artisanat.

S’il existe seulement 40 entreprises artisanales occupant plus de 249 salariés (0,5%), elles occupent toutefois 21% des salariés.

Il en résulte qu’en 2019, l’entreprise médiane compte 2 salariés. Ainsi, en termes d’effectifs, la moitié des entreprises se situe en dessous de la médiane et l’autre moitié au-dessus.

Ce sont surtout les grandes entreprises qui tirent la taille moyenne des entreprises artisanales vers le haut. Elle s’élève à 12 salariés. Une comparaison au niveau de la Grande Région montre
qu’en moyenne, les entreprises luxembourgeoises sont plus grandes que celles de la Sarre (6 pers.), de la Rhénanie-Palatinat (5 pers.) de la Lorraine (3 pers.) et de la Wallonie (3 pers.).

 

La transmission du savoir-faire : un défi pour l'Artisanat

Selon une enquête de la Chambre des Métiers menée en 2019, beaucoup d’entreprises artisanales ont des difficultés à trouver les profils qualifiés adéquats. Ce besoin en main-d’oeuvre est, d’un côté, la résultante de la création de nouveaux postes, vu l’apparition de nouveaux modèles d’affaires. La crise sanitaire n’a guère changé la donne pour l’Artisanat même si la situation change d’un corps de métiers à l’autre. Par ailleurs, la crise a accéléré le besoin en solutions numériques des entreprises, par exemple en raison du télétravail du personnel administratif.

D’un autre côté, les entreprises ont dû prévoir le remplacement des 1.420 salariés partant en retraite en 2020 ou débauchés par d’autres secteurs économiques (industrie, secteur public, …). En outre, la pyramide des âges des salariés montre que sur les dix prochaines années, entre 20.000 et 23.000 personnes partant en retraite devront être remplacées dans le secteur de l’Artisanat ; soit un quart des salariés actuels.

Il en résulte un défi non-négligeable de transmission du savoir-faire à la nouvelle génération.

La catégorie de salariés dépassant les 50 ans est d’une grande utilité pour l’entreprise. Ayant accumulé une expérience professionnelle considérable tout au long de leur carrière, les salariés âgés peuvent remplir des fonctions de « tutorat » ou de « mentoring » en vue d’orienter les autres salariés présentant une ancienneté moindre. L’aspect de « transmission de savoir-faire » joue par ailleurs un rôle important surtout dans le contexte de l’apprentissage artisanal où le « tutorat » constitue un élément-clé.

 

L’artisanat offre des opportunités de carrière

L’Artisanat a besoin de créateurs et de repreneurs d’entreprises dynamiques, de profils forts et surtout de jeunes talents motivés.

L’Artisanat peut offrir de réelles perspectives de carrière.

Le CCP - Certificat de Capacité Professionnelle, le DAP - Diplôme d’Aptitude Professionnelle ou encore le DT - Diplôme de Technicien sont les tremplins permettant d’acquérir une première qualification dans l’Artisanat.

La formation menant au Brevet de Maîtrise (BdM) est la formation par excellence pour futurs entrepreneurs et responsables au sein d’une entreprise artisanale.

Les entreprises artisanales occupent par ailleurs des comptables, juristes, ingénieurs, dessinateurs, ou encore des graphistes, et offrent ainsi d’innombrables possibilités de développement professionnel.

De plus, tous les diplômes permettent d’acquérir les compétences spécifiques requises pour pouvoir progresser dans une entreprise artisanale, occuper un poste à responsabilité, voire créer ou reprendre une entreprise artisanale.

L’Artisanat est aussi ouvert aux personnes qui n’ont pas suivi un parcours classique via un apprentissage, mais qui souhaitent réorienter leur carrière professionnelle et trouver satisfaction dans un métier leur permettant de réaliser des projets concrets.

 

Les perspectives pour les jeunes

L’APPRENTISSAGE : LA VOIE DE PRÉDILECTION POUR ACQUÉRIR DES COMPÉTENCES TECHNIQUES ET MANUELLES

Le DAP constitue la formation de référence en matière de qualification des collaborateurs. C’est LA formation dont les entreprises ont besoin pour être à même de fournir au client un travail artisanal de qualité, réalisé dans les règles de l’art.

Par la réforme de la législation sur la formation professionnelle en 2008, le certificat de capacité professionnelle (CCP) et le diplôme de technicien (DT) sont venus s’ajouter au DAP.

Le CCP constitue une ouverture « vers le bas » de la carrière dans l’Artisanat dans le sens qu’il permet aux moins qualifiés qui ne remplissent pas les conditions d’accès au DAP d’entamer une formation professionnelle, d’acquérir une qualification de base et de décrocher un ticket d’entrée dans la vie professionnelle.

Le DT constitue une offre soit alternative, soit supplémentaire au DAP qui se limite à un nombre restreint de métiers artisanaux.

1.813 apprentis (sans candidats DT qui évoluent en milieu scolaire avec périodes de stage sous le statut d’élève) étaient inscrits en 2020 au rôle de l’apprentissage artisanal de la Chambre des Métiers. En dépit de la crise sanitaire, ce nombre fut stable en comparaison avec les années précédentes. Une prime unique dans l’apprentissage a été mise en place pour inciter les entreprises de continuer à former des apprentis. L’ Artisanat est ainsi la « 1ère Entreprise formatrice » du pays.

86% des diplômés de l’apprentissage artisanal trouvent un emploi endéans 6 mois ou continuent leur formation.

LE BREVET DE MAÎTRISE : LA FORMATION ULTIME ET D’EXCELLENCE DANS L’ARTISANAT

Le Brevet de Maîtrise est la formation de référence en matière de création d’entreprise et de formation d’apprentis. C’est LA formation qui fournit les compétences théoriques, pratiques et pédagogiques indispensables pour créer et gérer une entreprise et pour transmettre ses savoir-être et ses savoir-faire à la génération suivante.

L’année 2020 a été fortement impactée par la situation sanitaire. Ainsi de nombreux cours et examens ont dû être reportés et réorganisés. Malgré cela, le nombre de nouveaux candidats inscrits a connu une hausse notable se situant à 182. Au total 542 candidats se sont inscrits pour l’année académique 2020/2021 aux cours préparatoires du Brevet de Maîtrise. Actuellement, 28 Brevets de Maîtrise sont offerts dans une logique métier.

Par ailleurs, le processus de restructuration des brevets de maîtrise s’est poursuivi en 2020 avec le lancement du Brevet de Maîtrise « Génie Technique du Bâtiment ».

Une quinzaine de nouveaux Brevets, conçus par domaines d’activités, seront ainsi offerts au terme du processus de réforme qui se poursuivra durant les prochaines années. L’objectif ultime étant de renforcer la qualité et l’attractivité du Brevet de Maîtrise et de le positionner en tant que formation de référence pour futurs entrepreneurs du secteur de l’Artisanat.

Actuellement, le Ministère de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse s’est engagé dans un processus visant une réforme en profondeur du cadre légal du Brevet de Maîtrise. La Chambre des Métiers est étroitement associée aux réflexions et aux travaux en cours.

 

 

 

LE « MODÈLE ARTISANAT »

Le traditionnel « Modèle Artisanat » se traduit par l’équation suivante : DAP (diplôme d’aptitude professionnelle) – Brevet de Maîtrise - Création d’entreprise/ Formation d’apprentis. Par le biais de ce modèle, l’Artisanat a longtemps su et pu assurer sa propre relève, son développement et la pérennisation du secteur.

Aujourd’hui cependant, le traditionnel « Modèle Artisanat » ne peut plus répondre à lui seul au besoin sans cesse croissant de main-d’oeuvre qualifiée. Il est donc devenu impératif de le désenclaver et de l’ouvrir progressivement à d’autres voies de formation et de qualification. Actuellement, il sert de cadre de référence permettant un accès structuré et coordonné dans le secteur également pour les personnes ayant opté à l’origine pour d’autres parcours scolaires et professionnels.

OUVERTURE VERS UN NIVEAU DE QUALIFICATION SUPÉRIEUR

Pour motiver les jeunes à s’engager dans la carrière Artisanat, il s’est avéré nécessaire d’ouvrir également des perspectives « vers le haut », c’est-à-dire des perspectives de développement personnel et de carrière professionnelle.

Ainsi, plusieurs brevets de technicien supérieur (BTS) ont été mis en place dans le courant des dernières années notamment dans les domaines du bois, de la construction, de l’imprimerie et de la serrurerie. La Chambre des Métiers travaille à élargir cet éventail de formations supérieures par une offre « ad hoc » de formations de type BTS, Bachelor et Master dans le cadre de collaborations transfrontalières.

C’est dans ce contexte qu’un véritable modèle « en escalier » est en train d’être mis en place, comprenant les premiers éléments d’une offre de formation supérieure, ainsi que des passerelles systématiques permettant l’accès d’un niveau de qualification soit vers un niveau de qualification parallèle, soit vers un niveau de qualification supérieur.

Ce modèle s’inscrit à la fois dans le processus de l’apprentissage tout au long de la vie ou « Lifelong Learning » et dans le cadre luxembourgeois des qualifications (CLQ) .

 

Transmission d'entreprise : un vecteur assurant la pérennité de l'Artisanat

En 2020, plus de 1.200 chefs d’entreprises ont passé le cap des 60 ans. Ces gérants sont susceptibles d’entamer la recherche d’un successeur et de préparer l’entreprise ainsi que les salariés concernés et le repreneur potentiel à la transmission/reprise de l’entreprise.

Alors que près de 12.000 salariés seront potentiellement concernés dans un futur proche, cette régénération du tissu économique constitue un sujet essentiel pour l’Artisanat.

Ainsi, afin de mettre en contact les cédants et les repreneurs potentiels en toute discrétion, la Chambre des Métiers a mis en place une bourse d’entreprises.

À plus long terme, ce sont même 48% des chefs d’entreprises, ayant atteint un âge de 50 ans ou plus, qui seront susceptibles d’être confrontés à la question de la transmission d’entreprise. En 2020, ces entreprises occupent 55% de l’ensemble des salariés.

La pyramide des âges des gérants révèle aussi que les femmes sont en moyenne plus jeunes que les hommes. Si les gérants masculins ont 50 ans en moyenne, les gérantes ont plus de 4 ans de moins. Ainsi, 32% de celles-ci n’ont pas encore atteint l’âge de 40 ans, tandis que pour les hommes ce taux s’élève uniquement à 20%.

 

Les entreprise triplent de taille après 5 ans

Le taux d’entreprises actives représente le pourcentage d’entreprises qui sont encore en activité 1, 3 ou 5 années après leur création. Pour les entreprises artisanales qui se sont constituées en 2015, il se situe à 63% ; en d’autres termes, 214 des 339 entreprises créées en 2015 sont toujours actives en 2020. Au moment de la création, ces entreprises occupent en moyenne 2 personnes. Après 5 ans d’activité, la taille moyenne s’élève déjà à 6 personnes.

En général, les entreprises artisanales s’avèrent être robustes. Une raison semble résider dans les exigences de qualification pour s’établir dans l’Artisanat. Ainsi, le droit d’établissement requiert un certain niveau de qualification pour la création ou la reprise d’une entreprise artisanale. Cependant, une récente libéralisation de cette législation qui supprime l’interdiction d’exercer une activité artisanale à titre accessoire a abouti à une plus grande volatilité au niveau de la démographie des entreprises.

Cependant, le taux de 63% se situe proche de la moyenne des années 2006- 2015, s’établissant à 64%.

Il faut noter que certains indépendants débutant leur activité en tant qu’entreprise individuelle décident de créer ultérieurement une société lorsque le volume des affaires augmente, et ce afin de bénéficier des atouts d’une société de capitaux. Dans ce cas, la méthodologie retenue par la Chambre des Métiers considère l’entreprise individuelle et la société de capitaux comme une entité, la seconde prenant la relève de la première, de sorte qu’elle ne disparaisse pas des statistiques en cas de changement du statut juridique.

 

Réorganisation des activités artisanales en clusters

Avec les réformes du droit d’établissement, il est à observer que les entreprises artisanales couvrent une palette de plus en plus large d’activités pour répondre à la demande de la clientèle, désireuse de réduire au minimum le nombre d’intervenants nécessaires pour l’exécution de travaux ou l’offre de services spécifiques.

Par conséquent, en 2020, une entreprise sur trois détient deux autorisations d’établissement ou plus. Représentant presque la moitié de l’emploi, ces entreprises sont, en moyenne, de taille plus importante que celles qui possèdent uniquement une autorisation.

En considérant cette tendance, la Chambre des Métiers a réagi pour adapter la méthode d’élaboration des statistiques de l’Artisanat de façon à prendre en compte le phénomène de la pluralité des autorisations détenues par une même entreprise :

  • en fonction de la connexité des autorisations, 16 clusters de l’Artisanat regroupant des autorisations apparentées ont été définis ;
  • en fonction des autorisations détenues par une entreprise, l’emploi est, le cas échéant, réparti sur plusieurs clusters.

 

Les clusters de l’artisanat

Les clusters représentent une nouvelle méthode d’élaboration des statistiques de l’Artisanat qui a été développée en 2019 par la Chambre des Métiers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contact

Vos conseillers à la Chambre des Métiers

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