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Vidéo - Chiffres-clés de l'Artisanat 2018

L'Artisanat en chiffres

L’Artisanat est un secteur de l'économie luxembourgeoise qui ne peut être négligé : avec environ 7.500 entreprises recensées en 2018, ce secteur offre des emplois à quelque 94.000 personnes et forme ainsi le premier employeur du Grand-Duché. Par ailleurs, l’Artisanat est la première entreprise formatrice avec plus de 1.800 apprentis.

Par rapport à l’économie dans son ensemble, l’artisanat représente :

L’artisanat : créateur d’entreprises et d’emplois

Depuis les années 90, le nombre d’entreprises artisanales augmente constamment. En 2018, l’Artisanat compte 7.459 entreprises, soit une progression de 2 % sur une année.

Par ailleurs, en dépit des crises économiques, l’Artisanat n’a cessé de créer des emplois, même si la progression a connu un ralentissement pendant les années difficiles. Si l’Artisanat occupait en 1970 quelque 25.000 personnes, il en emploie 94.758 en 2018, soit une hausse annuelle de 2,8 % en moyenne. Il en résulte une augmentation de la taille moyenne des entreprises de 10 personnes en 1990 à 13 en 2018.

L’Artisanat a bénéficié de plusieurs évolutions favorables qui peuvent expliquer cette création d’emplois notable : l’augmentation progressive de la population, et donc du nombre de clients potentiels ; une demande croissante émanant d’autres secteurs, comme le secteur financier et l’industrie et, enfin, la hausse ou du moins le maintien à un niveau élevé des investissements publics.

L’Artisanat joue donc un rôle important dans la lutte contre le chômage, en ce qu’il crée un nombre important d’emplois stables.

Renouvellement du tissu économique

La régénération du tissu économique constitue un sujet essentiel pour l’Artisanat. En effet, c’est à travers la création d’entreprises nouvelles et la transmission/ reprise d’entreprises existantes qu’il pourra à terme assurer sa pérennité.

Ainsi, l’augmentation nette de 156 entreprises entre 2017 et 2018 résulte du différentiel entre 733 créations d’entreprises et 577 radiations lors de l’année 2018.

Évolution conjoncturelle positive

La Chambre des Métiers réalise tous les trois mois une enquête conjoncturelle auprès de ses ressortissants. L’un des principaux indicateurs est le niveau d’activité qui permet d’évaluer la situation conjoncturelle.

L’Artisanat a connu avant 2008 une période de forte activité. Avec le début de la crise économique la situation s’est toutefois détériorée de façon notable, le creux de la vague ayant été atteint au 4e trimestre 2009. Depuis la fin de l’année 2009, l’indicateur d’activité a enregistré une légère reprise. Toutefois, cette hausse n’était pas appelée à durer. En effet, à partir du début de l’année 2012 l’activité accuse un nouveau recul qui a perduré jusqu’à la fin de l’année 2013. Depuis, l’activité a progressivement augmenté. Cependant, il a fallu attendre le 2e trimestre 2017 pour que l’indicateur atteigne la même valeur qu’en 2007.

Pendant toute l’année 2018, l’indicateur d’activité a continué d’augmenter pour atteindre son plus haut niveau depuis 2002.

Les entreprises doublent de taille après 5 ans

Le taux d’entreprises actives représente le pourcentage d’entreprises qui sont encore en activité 1, 3 ou 5 ans après leur création. Pour les entreprises artisanales qui se sont constituées en 2013, il se situe à 61 % ; en d’autres termes, six entités sur 10 créées en 2013 sont toujours actives en 2018 et ceci malgré le fait que l’économie ne s’était pas encore complètement rétablie de la crise économique. Au moment de la création, ces entreprises occupent en moyenne 3 personnes. Après 5 ans d’activité, la taille moyenne s’élève à 6 personnes.

En général, les entreprises artisanales s’avèrent être robustes. Une raison semble résider dans les exigences de qualification pour s’établir dans l’Artisanat. Ainsi, le droit d’établissement requiert un certain niveau de qualification pour la création ou la reprise d’une entreprise artisanale. Cependant, une récente libéralisation de cette législation qui supprime l’interdiction d’exercer une activité artisanale à titre accessoire a abouti à une plus grande volatilité au niveau de la démographie des entreprises.

L’artisanat dépend de plus en plus de la main-d’œuvre frontalière

Les statistiques relatives à l’origine des salariés occupés dans l’Artisanat révèlent que la part des frontaliers passe de 27 % en 1990 à 51 % en 2018. Désormais, plus d’un salarié sur deux ne réside pas au Luxembourg. Parmi ceux-ci, 51 % habitent la France, 28 % l’Allemagne et 21 % des frontaliers résident en Belgique.

Sur la toile de fond de la très importante hausse de l’emploi de la dernière décennie, l’écart entre la demande de salariés et l’offre de main-d’œuvre résidente s’est accru.

En outre, la part des résidents étrangers diminue de 47 % à 34 % sur la période 1990-2018 face à l’explosion du nombre de travailleurs frontaliers.

Si la part des Luxembourgeois dans l’ensemble des salariés diminue de 26 % à 15 % au fil du temps, leur nombre augmente cependant en chiffres absolus.

Ces chiffres peuvent être interprétés comme un indice de la pénurie de main d’œuvre qualifiée, dont souffre le secteur artisanal.

L’artisanat : vecteur d’intégration

La SÀRL : le statut juridique de référence dans l’artisanat

Entre 1970 et 2018, le statut juridique prédominant dans l’Artisanat subit des mutations profondes. Si par le passé, 9 entités sur 10 étaient des entreprises individuelles, actuellement seulement 1 entreprise sur 4 revêt ce statut.

Parallèlement, on assiste à l’essor des sociétés de capitaux, surtout au cours des années 90 et 2000. C’est la forme juridique de la société à responsabilité limitée, « SÀRL », qui est la plus prisée, alors qu’elle est particulièrement bien adaptée à des entreprises de taille plutôt réduite.

Cependant, la société anonyme, « SA » connaît également un certain succès, bien qu’il soit beaucoup moins prononcé. Ceci tient au fait que la SA requiert une gestion administrative plus poussée, notamment en termes de contrôle financier, ce qui rend cette forme juridique plus onéreuse, particulièrement pour les PME.

Dans l’objectif de stimuler l’esprit d’entreprise, une nouvelle forme de société a été créée en 2017, la SÀRL-S, qui se caractérise par un apport en capital minimum de 1 euro. En 2018, 2 % des entreprises artisanales revêtent ce statut juridique.

Pour certains types d’activités, cette simplification de l’accès à la création d’entreprise peut être bénéfique. Pourtant, avec un capital social quasiment inexistant, la forme sociétaire de la SÀRL - S n’est pas adaptée aux modèles d’affaires de la plupart des activités artisanales. Dans les années à venir, il convient d’analyser la viabilité de ces sociétés.

La majorité des entreprises artisanales ont un besoin en capital accru et un niveau d’investissement croissant, obligeant souvent plusieurs associés à joindre leurs ressources financières pour créer ou reprendre une entreprise.

Artisanat : trois quarts des entreprises sont de taille « micro »

Artisanat : 80 % des salariés occupés par des PME

La catégorie des « micro » entreprises, employant entre 0 et 9 salariés représente avec 76 % une grande majorité des entreprises artisanales, mais seulement 13 % des salariés. Or, il faut constater un changement au sein de cette catégorie, avec une progression de la part des entités n’employant pas de salariés, au détriment des entreprises employant de 1 à 9 collaborateurs. Ainsi, sur les dernières années, les entités sans salariés voient leur part monter de 29 % en 2000 à 34 % en 2018. Une explication de ce phénomène se trouve notamment dans la dernière réforme du droit d’établissement, qui permet de combiner une occupation salariale avec une activité en tant qu’indépendant dans l’Artisanat, constellation impossible avant 2011.

Parallèlement, la part des entreprises employant entre 1 et 9 collaborateurs se rétrécit de 49 % à 42 % entre 1990 et 2018. Ces entreprises occupent 13 % des salariés.

La catégorie des « petites » entités occupant 10 à 49 salariés représente 19 % des entreprises, mais 34 % de l’emploi. Une situation analogue peut être observée pour les structures employant entre 50 et 249 collaborateurs qui représentent 4 % de l’ensemble des entreprises et 33 % de l’emploi salarié.

Les PME représentent 99,5 % des entreprises et 80 % des salariés de l’Artisanat.

S’il existe seulement 37 entreprises artisanales occupant plus de 249 salariés (0,5 %), elles occupent toutefois 20 % des salariés.

Il en résulte qu’en 2018, l’entreprise médiane compte 2 salariés. Ainsi, en termes d’effectifs, la moitié des entreprises se situe en dessous de l’entreprise médiane et l’autre moitié au-dessus.

Ce sont surtout les grandes entreprises qui tirent la taille moyenne des entreprises artisanales vers le haut. Elle s’élève à 13 personnes. Une comparaison de la Grande Région montre qu’en moyenne, les entreprises luxembourgeoises sont plus grandes que celles de la Sarre (9 pers.), de la Rhénanie-Palatinat (8 pers.) de la Lorraine (4 pers.) et de la Wallonie (3 pers.).

Transmission d’entreprises : un vecteur assurant la pérennité de l’Artisanat

En 2018, plus de 1.000 chefs d’entreprises ont passé le cap des 60 ans. Ces gérants sont susceptibles d’entamer la recherche d’un successeur et de préparer l’entreprise ainsi que les salariés concernés et le repreneur potentiel à la transmission/reprise de l’entreprise.

Alors que 16.500 salariés seront potentiellement concernés, cette régénération du tissu économique constitue un sujet essentiel pour l’Artisanat. En effet, c’est à travers la création d’entreprises nouvelles et la transmission/reprise d’entreprises existantes qu’il pourra à terme assurer sa pérennité.

À plus long terme, ce sont même 46% des chefs d’entreprises, ayant atteint un âge de 50 ans ou plus, qui seront susceptibles d’être confrontés à la question de la transmission d’entreprise. En 2018, ces entreprises occupent 52 % de l’ensemble des salariés.

Afin de mettre en contact les cédants et les repreneurs potentiels, en toute discrétion, la Chambre des Métiers a mis en place une bourse d’entreprises.

Plus d’informations sous :

https://www.cdm.lu/creation-entreprise/bourse-d-entreprises

L’artisanat offre des opportunités de carrière

Les perspectives pour les jeunes

LE « MODÈLE ARTISANAT »
Le traditionnel « Modèle Artisanat » se traduit par l’équation suivante : DAP (diplôme d’aptitude professionnelle) – Brevet de Maîtrise - Création d’entreprise/ Formation d’apprentis. Par le biais de ce modèle, l’Artisanat a longtemps su et pu assurer sa propre relève, son développement et la pérennisation du secteur.

Aujourd’hui cependant, le traditionnel « Modèle Artisanat » ne peut plus répondre à lui seul au besoin sans cesse croissant de main-d’œuvre qualifiée. Il est donc devenu impératif de le désenclaver et de l’ouvrir progressivement à d’autres voies de formation et de qualification. Actuellement, il sert de cadre de référence permettant un accès structuré et coordonné dans le secteur également pour les personnes ayant opté à l’origine pour d’autres parcours scolaires et professionnels.

L’APPRENTISSAGE : LA VOIE DE PRÉDILECTION POUR ACQUÉRIR DES COMPÉTENCES TECHNIQUES ET MANUELLES

Le DAP constitue la formation de référence en matière de qualification des collaborateurs. C’est LA formation dont les entreprises ont besoin pour être à même de fournir au client un travail artisanal de qualité réalisé dans les règles de l’art.

Par la réforme de la législation sur la formation professionnelle en 2008, le certificat de capacité professionnelle (CCP) et le diplôme de technicien (DT) sont venus s’ajouter au DAP.

Le CCP constitue une ouverture « vers le bas » de la carrière dans l’Artisanat dans le sens qu’il permet aux moins qualifiés qui ne remplissent pas les conditions d’accès au DAP d’entamer une formation professionnelle, d’acquérir une qualification de base et de décrocher un ticket d’entrée dans la vie professionnelle. Le DT constitue une offre soit alternative, soit supplémentaire au DAP qui se limite à un nombre restreint de métiers artisanaux.

1.779 apprentis (sans candidats DT qui évoluent en milieu scolaire avec périodes de stage sous le statut d’élève) étaient inscrits en 2018 au rôle de l’apprentissage artisanal de la Chambre des Métiers. L’Artisanat est ainsi la « 1ère Entreprise formatrice » du pays.

92 % des diplômés de l’apprentissage artisanal trouvent un emploi endéans 6 mois ou continuent leur formation. 68 % des diplômés de l’apprentissage artisanal trouvent leur premier emploi auprès de leur entreprise formatrice.

LE BREVET DE MAÎTRISE : LA FORMATION ULTIME ET D’EXCELLENCE DANS L’ARTISANAT

Le Brevet de Maîtrise est la formation de référence en matière de création d’entreprise et de formation d’apprentis. C’est LA formation qui fournit les compétences théoriques, pratiques et pédagogiques indispensables pour créer et gérer une entreprise et pour transmettre ses savoir être et ses savoir-faire à la génération suivante.

619 candidats étaient inscrits en 2018 aux cours préparatoires du Brevet de Maîtrise.

102 lauréats ont décroché leur Brevet de Maîtrise dans le cadre de la promotion 2018.

35 Brevets de Maîtrise, conçus par métiers, sont actuellement offerts.

10 à 12 Brevets, conçus par domaines d’activités, devraient être offerts au bout d’un processus de restructuration actuellement par la Chambre des Métiers avec le soutien du Ministère de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse.

1 seul Brevet avec 3 spécialisations/ mentions avec en tout 45 candidats en 2017 au lieu de 4 Brevets avec en tout 29 candidats en 2014, c’est le résultat d’un projet-pilote réalisé dans ce contexte auprès des métiers de l’alimentation

LES PERSPECTIVES POUR LES JEUNES

Pour motiver les jeunes à s’engager dans la carrière Artisanat, il s’est avéré nécessaire d’ouvrir également des perspectives « vers le haut », c’est-à-dire des perspectives de développement personnel et de carrière professionnelle.

Ainsi, plusieurs brevets de technicien supérieur (BTS) ont été mis en place dans le courant des dernières années notamment dans les domaines du bois, de la construction, de l’imprimerie et de la serrurerie. La Chambre des Métiers travaille à élargir cet éventail de formations supérieures par une offre « ad hoc » de formations de type BTS, Bachelor et Master dans le cadre de collaborations transfrontalières.

C’est dans ce contexte qu’un véritable modèle « en escalier » est en train d’être mis en place, comprenant les premiers éléments d’une offre de formation supérieure ainsi que des passerelles systématiques permettant l’accès d’un niveau de qualification soit vers un niveau de qualification parallèle, soit vers un niveau de qualification supérieur.

Ce modèle s’inscrit à la fois dans le processus de l’apprentissage tout au long de la vie ou « Lifelong Learning » et dans le cadre luxembourgeois des qualifications (CLQ). 

Réorganisation des activités artisanales en clusters

Avec les réformes du droit d’établissement, il est à observer que les entreprises artisanales couvrent une palette de plus en plus large d’activités pour répondre à la demande de la clientèle, désireuse de réduire au minimum le nombre d’intervenants nécessaires pour l’exécution de travaux ou l’offre de services spécifiques.

Par conséquent, en 2018, 33 % des entreprises détiennent deux autorisations d’établissement ou plus. Représentant presque la moitié de l’emploi, ces entreprises sont, en moyenne, de taille plus importante que celles qui possèdent uniquement une autorisation.

En considérant cette tendance, la Chambre des Métiers a réagi pour adapter la méthode d’élaboration des statistiques de l’Artisanat de façon à prendre en compte le phénomène de la pluralité des autorisations détenues par une même entreprise :

  • en fonction de la connexité des autorisations, 16 clusters de l’Artisanat regroupant des autorisations apparentées ont été définis;
  • en fonction des autorisations détenues par une entreprise, l’emploi est, le cas échéant, réparti sur plusieurs clusters.

Les clusters de l’artisanat

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